Lilith (Robert Rossen, 1964)

Un jeune homme se fait engager dans un asile et tombe amoureux d’une schizophrène.

Le montage alambiqué et esthétisant qui abuse des surimpressions peine à masquer l’indigence du récit (on est très loin de La toile d’araignée). Reste le plaisir de contempler deux acteurs sublimes dont les visages sont magnifiquement photographiés par Eugene Shuftan: Jean Seberg et Warren Beatty.

 

Las Vegas, un couple (The only game in town, George Stevens, 1970)

A Las Vegas, une femme qui attend que son riche amant divorce rencontre un pianiste de bar cherchant à gagner 5000 dollars pour quitter la ville.

L’origine théâtrale du film se fait un peu lourdement sentir: les dialogues prennent trop de place et les rebondissements paraissent parfois artificiels. Le découpage, appliqué mais précis, restitue bien l’espace du deux-pièces servant de décor à la majorité du film. Parfaitement interprété par Liz Taylor et Warren Beatty, ce dernier film de George Stevens est assez beau en ceci que les personnages brisent eux-mêmes leurs rêves, par amour.

Bugsy (Barry Levinson, 1991)

Evocation de la vie de Bugsy Siegel, beau gosse mafieux parti racketter les producteurs d’Hollywood avant de construire Las Vegas.

La mise en scène se complait dans une reconstitution ripolinée du Hollywood des années 40 mais mais peu à peu le véritable  sujet du film se dessine. C’est le portrait d’un gangster immature, impulsif et trop faible pour prendre une décision conjugale. Warren Beatty est évidemment formidable dans le rôle titre. Il produit le film qu’il songea même à réaliser. Les plus belles scènes sont celles entre lui et Annette Benning, Annette Benning qui allait devenir Mme Beatty après le tournage. Elles apportent un peu de mystère à ce film de facture néoclassique.

Shampoo (Hal Ashby, 1975)


Les histoires d’un coiffeur qui tente de concilier ascension professionnelle et parties fines avec ses clientes. Ben oui, le coiffeur c’est Warren Beatty. Film mineur de Hal Ashby, Shampoo se suit sans passion mais agréablement grâce à une sympathique galeries d’actrices (je retiens Carrie Fisher dans ce qui était son premier rôle au cinéma, juste avant La guerre des étoiles). Le sexe à tout va est montré comme moyen de subversion (il faut voir le foutoir que le coiffeur met dans la bonne société en couchant avec toutes les femmes des notables), de force progressiste mais aussi comme marque d’immaturité qui empêche d’avancer, de construire. Le temps des illusions est révolu, une certaine nostalgie irrigue le film en filigrane, alimentée par une bande-son qui fait la part belle aux grands groupes de pop de la décennie précédente (Beatles, Beach boys…).