La fille du Far-West (Cecil B. DeMille, 1915)

Dans l’Ouest sauvage, un shérif convoite une jeune fille entichée du bandit qu’il recherche.

Pour un amateur du genre, il est intéressant de constater que ce western vieux de plus d’un siècle -adapté d’une pièce de David Belasco, le mentor de De Mille, popularisée par l’opéra de Puccini- est un des moins manichéens qui existent. C’est comme si l’auteur se bornait à miser sur la fascination du public pour un monde sauvage, un monde d’avant la civilisation. Le récit est parfaitement amoral, caractéristique qui deviendra rarissime dans le western comme dans le cinéma hollywoodien en général. A la peinture de ce monde primitif correspond une technique primitive, encore marquée par le théâtre mais n’empêchant ni de belles prises de vue en extérieur ni quelques idées cinématographiques qui accentuent la dramaturgie (tel le découpage de la scène du poker décisif).

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They rode west (Phil Karlson, 1954)

Un chirurgien frais émoulu se pointe dans une garnison de cavalerie aux prises avec les Indiens.

Malgré un dénouement un peu facile, l’opposition entre le chirurgien humaniste et l’officier intransigeant est plus subtilement menée qu’il n’y paraît. Ainsi, les désastreuses conséquences des bonnes intentions du héros sont bien montrées. Les ficelles -notamment la schématique caractérisation des personnages- sont quand même trop épaisses pour nous passionner d’autant que les acteurs sont loin d’être sensationnels et que, quoiqu’en disent certains, Phil Karlson n’est pas un metteur en scène très intéressant. Il n’y a qu’à comparer la façon, banale, dont il filme les cohortes de tuniques bleues dans l’Ouest à celle de John Ford pour s’en rendre compte. Bref, bof.

Tumbleweeds (King Baggot, 1925)

Un cow-boy aide des pionniers à s’installer pendant le Oklahoma land run.

Dans son dernier film, William S.Hart a abandonné l’ambiguïté caractéristique de son personnage. Le héros tout blanc s’oppose à des méchants tout noirs. Mais l’ampleur spectaculaire de la mise en scène, avec ses plans très larges remplis de figurants animaliers et la trépidante séquence de course, compense la convention du récit.

Le fier rebelle (Michael Curtiz, 1958)

Note dédiée à Frédéric

En cherchant un médecin pour son fils muet, un ancien confédéré rencontre une propriétaire terrienne aux prises avec un éleveur qui veut la chasser.

Le plaisir de retrouver Olivia de Havilland, toujours belle, chez le réalisateur qui fit d’elle une star, quelques notations touchantes (une vieille fille se regardant à nouveau dans la glace, un enfant chagriné arrachant son faux col…), la cruauté surprenante révélée par le tirage des ficelles larmoyantes (enfant+animal=cocktail explosif) et la virtuosité plastique de Michael Curtiz qui se sert de la lumière vespérale avec autant de maestria qu’il se servait du Noir&blanc dans les années 30 facilitent l’indulgence face aux ressorts éculés pas toujours bien articulés du récit. En particulier, le conflit avec les voisins apparaît comme une convention mal digérée par le reste de l’oeuvre. Ça reste mieux que Shane.

Le déserteur de Fort Alamo (Budd Boetticher, 1953)

Un combattant d’Alamo qui a fui le fort avant le massacre final pour mettre les familles à l’abri est pris pour un déserteur.

Le manque de cohérence du récit reflète la pusillanimité des auteurs: si le personnage principal avait été un vrai lâche, sa conduite mutique aurait été plus logique et le drame aurait été plus intéressant. De plus, les personnages secondaires, tel celui de l’enfant mexicain, en rajoutent dans l’artifice conventionnel. Malgré ces gros problèmes de scénario, Le déserteur de Fort Alamo se laisse regarder grâce à Glenn Ford, à quelques belles images photographiées par Russell Metty, à la relative concision du découpage et à une ou deux cascades sympas. Mais il faut être de bonne humeur.

Les prairies de l’honneur (Shenandoah, Andrew V. McLaglen, 1965)

En 1864 en Virginie, un fermier tente de tenir ses fils à l’écart de la guerre de Sécession.

Ce western tardif est une bonne définition par l’absurde de la mise en scène au cinéma car les ingrédients ont beau être les mêmes que ceux des chefs d’oeuvre de John Ford (famille, bastons, bons sentiments, guerre de Sécession…jusqu’à des détails comme le monologue sur la tombe de l’être aimé), la pataude réalisation de Andrew V.McLaglen ôte toute vérité humaine et tout intérêt dramatique à un récit dont les ressorts sont de plus particulièrement stupides. Le gouffre entre la splendeur des images de La prisonnière du désert et la platitude de celles des Prairies de l’honneur montre avec éclat que le cinéaste est, plus que le directeur de la photographie en l’occurrence commun aux deux films, le dépositaire du cachet visuel de l’oeuvre cinématographique.

Wind River (Tom Shell, 1998)

L’histoire d’un enfant mormon élevé par les Shoshones après une fugue.

Le doux pacifisme du ton est joli mais, rechignant aux plans larges, la caméra ne rend pas justice aux beaux décors naturels. Les ralentis et la musique accentuent le kitsch de l’ensemble. Karen Allen n’apparaît que très peu de temps à l’écran. Bref, cette adaptation des mémoires d’un ancien du Pony Express ne gagne pas à être connue.