Un homme traqué (A man alone, Ray Milland, 1955)

Dans une petite ville de l’Ouest, un étranger est pourchassé par des notables l’accusant de leur crime.

Le récit comporte des facilités et des cheveux sur la soupe mais l’exploitation visuelle, dramatique et poétique du vent, de la poussière, de la soif et de la faim insuffle un ton singulier à ce petit western. Les quinze premières minutes presque complètement muettes sont à la fois audacieuses et pertinentes (avec qui parlerait un homme seul dans le désert?).

Face au châtiment (The Doolins of Oklahoma, Gordon Douglas, 1949)

Bill Doolin, le chef de la Horde sauvage, s’est amouraché de la fille d’un notable mais son gang ne veut pas être abandonné…

La vivacité de la mise en images permet de passer outre la convention un peu affadissante du scénario et le manque de crédibilité de Randolph Scott en bandit.

 

 

Le mercenaire de minuit (Invitation to a gunfighter, Richard Wilson, 1964)

Un pistolero métis est engagé par une communauté nordiste pour éliminer un vétéran confédéré venu réclamer sa ferme accaparée.

L’angle d’attaque historico-politico-sentimental est intéressant mais les enjeux dramatiques manquent de clarté. Yul Brynner a beaucoup de charisme mais son interprétation ne contribue pas à crédibiliser un personnage dont la complexité a dépassé ses auteurs.

La fille du Far-West (Cecil B. DeMille, 1915)

Dans l’Ouest sauvage, un shérif convoite une jeune fille entichée du bandit qu’il recherche.

Pour un amateur du genre, il est intéressant de constater que ce western vieux de plus d’un siècle -adapté d’une pièce de David Belasco, le mentor de De Mille, popularisée par l’opéra de Puccini- est un des moins manichéens qui existent. C’est comme si l’auteur se bornait à miser sur la fascination du public pour un monde sauvage, un monde d’avant la civilisation. Le récit est parfaitement amoral, caractéristique qui deviendra rarissime dans le western comme dans le cinéma hollywoodien en général. A la peinture de ce monde primitif correspond une technique primitive, encore marquée par le théâtre mais n’empêchant ni de belles prises de vue en extérieur ni quelques idées cinématographiques qui accentuent la dramaturgie (tel le découpage de la scène du poker décisif).

They rode west (Phil Karlson, 1954)

Un chirurgien frais émoulu se pointe dans une garnison de cavalerie aux prises avec les Indiens.

Malgré un dénouement un peu facile, l’opposition entre le chirurgien humaniste et l’officier intransigeant est plus subtilement menée qu’il n’y paraît. Ainsi, les désastreuses conséquences des bonnes intentions du héros sont bien montrées. Les ficelles -notamment la schématique caractérisation des personnages- sont quand même trop épaisses pour nous passionner d’autant que les acteurs sont loin d’être sensationnels et que, quoiqu’en disent certains, Phil Karlson n’est pas un metteur en scène très intéressant. Il n’y a qu’à comparer la façon, banale, dont il filme les cohortes de tuniques bleues dans l’Ouest à celle de John Ford pour s’en rendre compte. Bref, bof.

Tumbleweeds (King Baggot, 1925)

Un cow-boy aide des pionniers à s’installer pendant le Oklahoma land run.

Dans son dernier film, William S.Hart a abandonné l’ambiguïté caractéristique de son personnage. Le héros tout blanc s’oppose à des méchants tout noirs. Mais l’ampleur spectaculaire de la mise en scène, avec ses plans très larges remplis de figurants animaliers et la trépidante séquence de course, compense la convention du récit.

Le fier rebelle (Michael Curtiz, 1958)

Note dédiée à Frédéric

En cherchant un médecin pour son fils muet, un ancien confédéré rencontre une propriétaire terrienne aux prises avec un éleveur qui veut la chasser.

Le plaisir de retrouver Olivia de Havilland, toujours belle, chez le réalisateur qui fit d’elle une star, quelques notations touchantes (une vieille fille se regardant à nouveau dans la glace, un enfant chagriné arrachant son faux col…), la cruauté surprenante révélée par le tirage des ficelles larmoyantes (enfant+animal=cocktail explosif) et la virtuosité plastique de Michael Curtiz qui se sert de la lumière vespérale avec autant de maestria qu’il se servait du Noir&blanc dans les années 30 facilitent l’indulgence face aux ressorts éculés pas toujours bien articulés du récit. En particulier, le conflit avec les voisins apparaît comme une convention mal digérée par le reste de l’oeuvre. Ça reste mieux que Shane.