The loveless (Kathryn Bigelow et Monty Montgomery, 1982)

De jeunes motards foutent la zone dans une petite ville au milieu de nulle part.

La ressemblance avec L’équipée sauvage est évidente, d’autant que ce film de 1982 est également situé dans les années 50. Ce décalage temporel induit un maniérisme visuel et sonore (B.O de Robert Gordon) qui est ce que ce film, beaucoup trop long pour ce qu’il raconte, contient de plus intéressant. On n’est pas étonné d’apprendre que Monty Montgomery produisit Sailor et Lula et le pilote de Twin Peaks tant la peinture de l’Amérique profonde, entre grotesque et clichés exacerbés, a quelque chose de lynchien. L’ambition formelle, le dernier plan à la grue, étonne compte tenu du budget vraisemblablement riquiqui de ce film d’étudiant.

Nymphomaniac I & II (Lars Von Trier, 2013)

Une nymphomane raconte sa vie à un vieux professeur.

Le large étalage de références culturelles, les coquetteries formelles d’un goût douteux et les très faciles séquences-chocs témoignent d’une roublardise certaine mais force est de constater que la construction épisodique est assez prenante, d’un romanesque à la Diderot. Certains segments -la visite de la mère trompée, la relation avec la jeune basketteuse, l’interrogatoire de Jean-Marc Barr- sont même brillants et concrétisent l’ambition de leur auteur de « montrer la vérité sans fard », au-delà de ses provocations de petit malin. L’ironie perpétuelle, traduite par des plans grotesques, montre que l’auteur n’est pas dupe de son salmigondis intello-porno mais cette ironie est aussi ce qui empêche l’oeuvre d’acquérir la profondeur à laquelle, traitant de thèmes majuscules pendant plus de cinq heures, elle aurait pu et du prétendre. Tout ça paraît finalement assez vain.

Les rues de feu (Walter Hill, 1984)

Lorsqu’une chanteuse se fait enlever par un gang de motards, une de ses fans fait appel à son frère, vétéran du Viêt-Nam et ancien amant de la vedette, pour qu’il aille la délivrer…

L’idée globale est de revitaliser ces archétypes en les filmant comme dans un vidéo-clip, forme qui connaissait alors son heure de gloire. Pourquoi pas? C’est grave putassier mais ça envoie du lourd grâce aux chansons de Jim Steinman et à la fraîcheur des jeunes interprètes, en particulier la ravissante Diane Lane (parce qu’il a pécho une meuf de cet acabit, Christophe Lambert mérite un minimum de respect).