The inside story (Allan Dwan, 1948)

Pour dissuader un homme d’entasser ses sous à la banque, un vieux monsieur lui raconte comment 1000 dollars providentiels sauvèrent sa petite ville au moment de la Grande Dépression.

En plus de présenter une communauté pittoresque et variée avec sa bonhomie coutumière, Allan Dwan montre les ravages de l’inflation, la mécanique dévastatrice actionnée par le défaut de paiement d’un créancier ou encore le caractère mortifère de l’épargne avec l’évidente simplicité qui fait défaut aux monuments plus théoriques du type L’argent de L’Herbier. Pour ce moraliste grand et humble, la circulation de l’argent est nécessaire en tant que virtualité qui engendre l’activité humaine, bien réelle celle-ci. The inside story est une charmante petite fable qui n’est malheureusement pas près de vieillir.

L’épreuve du bonheur (I’d climb the highest mountain, Henry King, 1951)

Au début du siècle dernier, les souvenirs d’une citadine qui s’installa en province suite à son mariage avec le pasteur du village.

Cette aimable tranche d’americana tel que savait les concocter Henry King (simplicité, tendresse, humour, jolis décors naturels en Technicolor) contient un passage d’une déchirante cruauté qui annonce les œuvres les plus pessimistes d’Ingmar Bergman quant à l’absence de Dieu. C’est que, lorsqu’il s’agit de confronter la foi chrétienne à l’athéisme, un classique comme Henry King sait traiter son sujet avec le jusqu’au boutisme qu’il faut. Ce jusqu’au boutisme, qui confine à la perversité, insuffle à sa vignette nostalgique une puissance dramatique inattendue. Le dénouement m’est en revanche apparu un peu facile.