Son meilleur ami (Sand, Lambert Hillyer, 1920)

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Après avoir été faussement accusé par son rival en amour, un vagabond embauché dans une gare démasque une bande de bandits.

Pour une fois, William S.Hart incarne ici un cow-boy lumineux. Sa relation avec le cheval Friz insuffle une tendresse amusante à un western plus conventionnel que Son dernier exploit, Le jaguar de la sierra et autres Cité du désespoir. Les scènes d’actions sont peu nombreuses, concentrées vers la fin, mais elles sont excellentes grâce à Lambert Hillyer qui fait toujours preuve de beaucoup de brio à la mise en scène. En définitive, ce n’est pas hyper original mais c’est très bon.

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Wagon tracks (Lambert Hillyer, 1919)

Un pisteur se rend compte que le convoi qu’il emmène dans l’Ouest comprend l’assassin de son frère…

Avant La caravane vers l’OuestLa piste des géants ou Le convoi des braves, Wagon tracks est possiblement le premier représentant de ce sous-genre du western où des chariots bâchés remplis de pionniers partent vers l’Ouest. Pour une fois, William S.Hart ne joue pas un cow-boy au sombre passé mais un héros d’une candeur qui confine à la naïveté. Face à lui, il y a un méchant très méchant (et très fourbe). D’où que le manichéisme se substitue aux accents tragiques emblématiques de ses meilleurs films. Il y a bien un dilemme concernant la soeur d’un méchant mais c’est très stupidement et très facilement que le drame est dénoué. Heureusement, la mise en scène est solide. Lambert Hillyer exploite bien le décor naturel et particulièrement le désert où se déroule une séquence qui a possiblement inspiré Sergio Leone pour Le bon, la brute et le truand.

Le mensonge de Rio Jim (Keno Bates, Liar, William S. Hart, 1915)

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Après avoir tué un homme qui voulait le braquer, un tenancier de saloon s’occupe de la soeur de sa victime.

C’est ainsi que la subversion du manichéisme emblématique des westerns de William S.Hart prend ici des atours particulièrement surprenants et touchants. Le mensonge de Rio Jim est probablement un des plus beaux films de sa période « deux bobines » (une petite demi-heure).

The ruse (William H. Clifford et William S. Hart, 1915)

Un mineur de l’Ouest s’en va vendre sa production à Chicago mais ses acheteurs s’avèrent des gangsters.

Quand les intérieurs urbains remplacent les grands espaces du Far-West (et que de surcroît, le découpage est assez primitif), les films de William S.Hart sont quand même vachement moins bien.

Grand frère (The cold deck, William S.Hart, 1917)

En Californie aux alentours de 1860, un joueur professionnel accueille sa jeune soeur qui vient d’arriver en diligence…

Parmi les quelques westerns de William S.Hart que j’ai pus voir, celui-ci apparaît comme un des meilleurs. D’abord, c’est un des moins rigides. Le canevas n’est pas celui de la rédemption d’un chef de gang mais celui de l’itinéraire d’un joueur qui oscille entre le Bien et le Mal en fonction de ses affects et des soubresauts de l’action. L’ambiguïté morale est donc plus vivante et moins schématique que dans Blue blazes rawden ou La rédemption de Rio Jim. 

A l’exemple du plan où le contour d’une diligence lointaine se marie avec une branche feuillue devant la caméra, les images de Joe August frappent à la fois par leur fraîcheur réaliste et leur précision sophistiquée. Plusieurs fois, le spectateur est saisi par la vérité de l’instant qui vient transfigurer un récit rondement mené mais conventionnel. Je pense à ce moment où, après une longue cavale dans les bois, la vamp éconduite trouve la maison du héros et regarde son linge étendu et séché par le vent. Ce sublime champ-contrechamp cristallise une charge de mélancolie inversement proportionnelle à sa durée.

Blue blazes rawden (William S.Hart, 1918)

Au Canada, un bandit est transfiguré par sa rencontre avec la mère d’un rival qu’il a assassiné.

En dehors du fait qu’il soit bouclé avec la ficelle artificielle et puritaine de la femme qui fait le mal parce qu’elle serait éconduite, ce nouveau drame de la rédemption par William S. Hart est une nouvelle réussite. Sa dureté réaliste et sa tendre pudeur n’empêchent pas ses scènes de violence d’être stylisées par les éclairages de Joe August pour maximiser leur impact dramatique.

Son dernier exploit (The toll gate, Lambert Hillyer, 1920)

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Pendant sa cavale, un bandit trahi par son complice sauve le fils d’une fermière et se réfugie chez cette dernière.

Ce premier film produit par William S.Hart fut une nouvelle réussite à l’actif de l’auteur-acteur. Les motivations des personnages dont le comportement est soumis à la convention manquent parfois de clarté et l’allégorie puritaine ne fait pas dans la finesse mais la formule de la star -rencontre entre un bandit foncièrement gentil et une jeune fille pure- fonctionne toujours bien grâce à la sobriété des acteurs et à la rudesse du ton (voir la mort du méchant).