The intruder (Roger Corman, 1962)

Au moment de l’abolition des lois Jim Crow, un membre du Ku Klux Klan vient faire de l’agitation dans une ville du sud des Etats-Unis.

L’efficacité de la narration sert un propos politique d’une étonnante acuité: plus qu’une dénonciation de la bêtise sudiste, c’est tout le mécanisme de la haine raciale et de son exploitation politique qui est démonté en moins d’une heure et demi. A lui seul, le montage de la séquence où les Noirs rentrent au lycée rend sensible la transformation d’affects négatifs en programme fasciste. Avec son beau costume blanc et ses manières fébriles, William Shatner incarne bien les prestiges frelatés du démagogue. A en lire la biographie de Ian Kershaw, Hitler n’était que ça: un raté qui savait parler. A la façon des meilleures séries B, la rudesse de certaines articulations de scénario est compensée par la rapidité du rythme et la force dramatique du découpage. Grand film.

L’ombre du doute (The defender, Robert Mulligan, 1957)

Deux avocats, un père et un fils, sont chargés de la défense d’un jeune homme accusé de meurtre.

Il s’agit du téléfilm dont le succès a engendré la série The defenders. C’est un banal récit de procès singularisé par la relation entre les deux avocats, un père et son fils, qui permet à Robert Mulligan d’exprimer sa sensibilité. A noter aussi l’absence de triomphalisme à la fin. Le spectateur ne sera même pas certain de l’innocence (ou non) de l’accusé. Steve McQueen à ses débuts est plutôt mauvais, son jeu plein de tics est une caricature de l’Actor’s studio.