Miss Oyu (Kenji Mizoguchi, 1951)

Le jour de la présentation de  l’épouse qui a été choisie par sa mère, un jeune homme tombe amoureux de la soeur de l’épouse en question, jeune veuve à qui il est interdit de se remarier tant qu’elle n’aura pas fini d’élever son enfant.

Une splendeur.  La simplicité de l’intrigue permet de montrer les personnages dans toute leur complexité. Les protagonistes  se débattent face à des dilemmes d’autant plus terribles qu’ils n’ont rien d’exceptionnel. C’est l’éternelle confrontation entre la tradition et les élans du coeur. Le drame n’est pas aussi intense qu’il le serait dans un film occidental du fait des fréquents plans larges qui inscrivent les personnages dans un paysage plus grand qu’eux.  Ce traitement fait de Miss Oyu un film foncièrement  contemplatif sans que jamais le rythme de la narration ne soit ralenti. Simplement, les passions humaines sont subtilement intégrées à un tout qui les englobe sans toutefois les oblitérer (c’est la différence entre Mizoguchi et Malick). La grandeur stylistique du cinéaste culmine lors d’une fin absolument sublime pendant laquelle on se rappelle certains des plus beaux moments de L’aurore ou de La nuit du chasseur.