La sultane de l’amour (René Le Somptier et Charles Burguet, 1919)

La fille d’un sultan est enlevée par un prétendant.

Fondant les studios de la Victorine, Louis Nalpas entreprit cette superproduction de prestige qui a fort mal vieilli. Malgré de jolies images éclairées en lumière naturelle et coloriées au pochoir, l’infirmité par rapport au cinéma hollywoodien est éclatante niveau clarté de la narration, intensité de l’action et beauté des actrices.

Le chemineau (Henry Krauss, 1917)

Un journalier itinérant met une fille de ferme enceinte avant de repartir…

Eh oui, ce n’est pas la vie d’un employé du rail que Jean Richepin a raconté dans sa pièce de théâtre! Attention à l’orthographe! La transposant au cinéma, le comédien Henry Krauss a suivi les conseils de son ami Antoine et s’est attaché à restituer la campagne française avec un maximum de réalisme. De fait, ses images frappent par leur vérité documentaire. La richesse de détails des décors intérieurs (les plafonds sont filmés 25 ans avant Citizen Kane) n’a d’égale que la présence des places de village, chemins de campagne et autres troupeaux de moutons. Couplé à une sobriété de bon aloi, cet enracinement de l’intrigue lui ôte ses oripeaux mélodramatiques. Je mesure également la qualité de la mise en scène au fait que, en dépit que tous les cartons ont été perdus, j’ai pu suivre le récit sans problème. Seul jure avec le parti-pris général le jeu des acteurs. Le cabotinage de Krauss correspond assez bien à son personnage hâbleur mais les gestes excessifs de Yvonne Sergyl rappellent les pires conventions du théâtre. Le chemineau n’en demeure pas moins un très bon film, emblématique de ce courant « romanesque réaliste » qui, de Germinal à Peau-de-pêche en passant par le formidable Travail, fut l’un des plus féconds du cinéma muet français.

Le miracle des loups (Raymond Bernard, 1924)

Louis XI et Charles le Téméraire se disputent la France.

Seuls d’étonnants détails gores viennent épicer cette fresque académique dont le rythme narratif est particulièrement boiteux. A commencer par la scène éponyme, la platitude des morceaux de bravoure fait pâle figure face au lyrisme merveilleux d’un Stiller ou d’un Griffith.