Lili (Charles Walters, 1953)

Dans le Sud de la France, une orpheline de 16 ans est embauchée par un spectacle itinérant et découvre les cruautés de la vie…

D’un côté, il y a donc la rencontre entre une orpheline trompée par les hommes et un danseur rendu boiteux et aigri par la guerre (joué par un Mel Ferrer que je n’avais jamais vu aussi touchant)…De l’autre, il y a le traitement enjoué, onirique et bariolé appliqué par le spécialiste de la comédie musicale à la MGM qu’était Charles Walters. Ces deux aspects antagonistes sont miraculeusement liés par la poésie qui émane d’une mise en scène concise (le budget n’est pas énorme et le film est court), pudique et délicate. Cette poésie se matérialise pleinement dans le minois de Leslie Caron qui tient ici son meilleur rôle, dans la ravissante chanson qu’est Hi Lili Hi Lo et surtout dans les séquences avec les marionnettes qui sont absolument irrésistibles de tendresse (on songe à Charlot). En définitive, le sujet est celui d’un mélodrame, la forme est celle d’un conte de fées et le film est un de ces petits joyaux de l’âge d’or, à la fois fondamentalement hollywoodiens de par leur pouvoir d’enchantement et tout à fait inclassables.