Au Japon, une jeune fille se prend d’une tendre passion pour sa belle-soeur.
Le sujet peut paraître audacieux aux yeux d’un Occidental mais la programmatrice de la Fondation Pathé nous a informés que la tendre amitié entre femmes était tolérée dans le Japon impérial pourvu ça restât avant le mariage. On hésite d’ailleurs ici à parler d’homosexualité tant l’amour apparaît aussi fort que chaste. Ceci est à pondérer par le fait que le cinéma muet japonais n’était pas moins pudique dans la représentation des relations hétérosexuelles.
Ni audacieux ni subversif, L’odeur de l’adonis est donc, structurellement, un mélo où une femme remplace un homme. Et des plus mièvres: il n’y a aucune opposition sociale à la relation (le mari est pour ainsi dire éludé); uniquement les forces immanentes de la maladie et de la fatalité économique qui sépare la famille en en envoyant une partie dans les nouvelles colonies chinoises (ce qui est évidemment montré sans la moindre intention critique). Quoique ce film muet soit tardif, la mise en scène apparaît, comparativement à la virtuosité des derniers muets américains sortis une demi-douzaine d’années auparavant, limitée même s’il y a de jolis plans, typiques du sens esthétique nippon jusqu’au cliché (arbres fleuris, retrouvailles aux clair de lune…).