Le garçon perdu (Gueorgui Daniela, 1973)

Fuyant aussi bien son père alcoolique qu’une famille d’adoption oppressante, Huckleberry Finn descend le Mississipi avec Jim, l’esclave en fuite…

Le projet improbable que voilà ! Une adaptation du classique de Mark Twain par des Soviétiques. Le pari est pourtant tenu. L’artificialité du sud américain recréé dans les studios de Mosfilm insuffle au film une poésie dans la lignée de La nuit du chasseur. Il faut dire que décors et photo -la lumière est celle du chef opérateur de Tarkovski: Vadim Yusov- sont sublimes. Le ton du Garçon perdu est certes très éloigné de celui du grand écrivain américain. L’adaptation n’en est pas moins aussi respectueuse que personnelle de la part du cinéaste géorgien Gueorgui Daniela qui filme les nombreuses péripéties du roman avec un détachement comico-mélancolique qui parfois confine à l’absurde. Ainsi de la rapidité elliptique avec laquelle est traitée l’épisode de la vendetta. Ce style est parfois un frein à l’implication du spectateur dans le récit, surtout si celui-ci n’est pas familier avec l’oeuvre de Twain, mais il redouble sa fascination d’ordre plastique tant les images sont subtilement merveilleuses.

A lire: le post de Julien d’Abrigreon qui a beaucoup fait pour la récente exhumation de cette pépite géorgienne. Merci à lui.

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