Association de malfaiteurs (Claude Zidi, 1987)

A cause d’une mauvaise blague, deux anciens diplômés de HEC se retrouvent poursuivis par la police.

C’est sympa mais avec Daniel Auteuil et Thierry Lhermitte à la place de François Cluzet et Christophe Malavoy, c’eût été plus drôle. Il est dommage que la satire contre la « mentalité HEC » soit escamotée par les péripéties policières mais la banlieue est bien filmée.

Raspoutine l’agonie (Elem Klimov, 1981)

Alors que la première guerre mondiale fait rage et que le régime vacille, le mystérieux Raspoutine s’immisce dans la famille Romanov.

Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse réaliser un film aussi terne et guindé avec un tel sujet. Le formalisme de Klimov, qui fait de beaux mouvements de caméra mais qui est inapte à saisir un geste juste, dessèche sa matière. Sa narration éclatée et entrecoupée d’actualités truquées n’engendre guère de sens et aucune émotion. Que Marcel Martin ait pu écrire que Raspoutine l’agonie était « une fresque grandiose et convulsive » en dit plus long sur son possible stipendiement soviétique que sur la vérité de l’oeuvre.

L’athlète vedette (Hiroshi Shimizu, 1937)

Deux amis dans un régimentde cadets en manoeuvre dans la campagne.

Comme souvent avec Hiroshi Shimizu, le canevas narratif est très, très, ténu. La légèreté virerait à l’inconsistance si les inventions de la mise en scène n’entretenaient l’intérêt. Les personnages sont toujours aussi bien intégrés aux paysages, certains instants sont chargés d’une relative densité en dépit qu’ils sont presque déconnectés de tout récit (signe de modernité s’il en est) grâce au sens que sait imprimer Shimizu à un choix d’emplacement de caméra ou à un mouvement d’appareil. Notamment, le jeu sur les points de vue lors de la marche du début est brillant et générateur d’émotions variées. Bref, même si sa trame est similaire, L’athlète vedette n’est pas aussi abouti que Les masseurs et la femme ou Le peigne mais les qualités de Shimizu -décidément un des plus purs metteurs en scène de cinéma qu’on puisse imaginer- sont d’autant plus éclatantes que son scénario frôle l’absolue vacuité.

La bande des quatre (Breaking away, Peter Yates, 1979)

Au sortir de l’adolescence, quatre amis s’opposent aux étudiants bourgeois du campus de leur ville…

Le manque d’unité dramatique, des personnages parfois caricaturaux, l’abus de poncifs tel que la musique d’opéra sur les séquences de course à vélo, la facilité du dénouement qui escamote la lutte des classes présentée auparavant et certains raccords inopportuns dénotent l’absence d’un véritable auteur aux commandes de ce film qui se laisse quand même regarder et qui emporte l’adhésion du spectateur grâce à la dernière course qui est d’une belle intensité.

Adieu Bonaparte (Youssef Chahine, 1986)

Pendant la campagne d’Egypte, un général de Bonaparte se lie avec le garçon égyptien lui servant d’interprète…

Pour faire passer son message démysthifico-tiers-mondiste, Chahine ne recule devant aucune inexactitude, devant aucune caricature, devant aucun dialogue littéral, devant aucune mesquinerie (la façon dont est présentée la fameuse tirade des pyramides est d’une bassesse rare). Cette pesanteur de l’intention n’empêche pourtant pas sa narration d’être confuse. Par ailleurs, ses plans sont académiques, n’ayant ni le dynamisme ni la profondeur foisonnante de ceux de Jean Renoir à qui ses thuriféraires l’ont trop vite comparé. Victimes de leur auteur songe-creux, les acteurs français sont théâtraux et faux même si Michel Piccoli s’en sort bien sûr mieux que Patrice Chéreau, complètement à côté de la plaque. Enfin, les quelques séquences de batailles manquent de souffle épique.