Le syndicat du crime (John Woo, 1986)

A sa sortie de prison, un caïd des triades retrouve son ami devenu éclopé après une fusillade et est confronté à son jeune frère devenu policier.

Classique fondateur d’un genre inepte mais classique fondateur quand même. La sentimentalité mélodramatique alliée à la violence chorégraphique des fusillades impose un ton, qui verse parfois dans la mièvrerie. La musique horrible et répétitive altère les ambitions lyriques et visuellement, c’est laid mais Chow Yun-Fat ne manque pas de charisme. Pas étonnant qu’il soit devenu une star après ce film.

Tueur de flics (The onion field, Harold Becker, 1979)

En mars 1963, deux malfrats enlèvent deux policiers qui voulaient contrôler leur voiture…

Chronique d’un fait divers et de ses répercussions où, encore une fois, après Les flics ne dorment pas la nuit et Bande de flics, le réalisme empathique de Joseph Wambaugh fait merveille. Tous les interprètes excellent. Partagé entre entre criminels procéduriers et victimes traumatisées, le récit tarde à trouver son unité mais c’est pour finalement accéder à une sérénité surprenante, quoique non dénuée de mélancolie. La séquence du déjeuner près de lac est un des plus purs instants de bonheur, de réconciliation avec le monde, montrés par le cinéma.

Annette et la dame blonde (Jean Dréville, 1942)

Une jeune fille découpe le manteau en vison de la maîtresse de l’homme dont elle est amoureux.

Comédie écrite par Decoin pour Darrieux, Annette et la dame blonde fut finalement réalisé par Jean Dréville avec Louise Carletti. C’est médiocre, niais et occasionnellement caricatural (l’Américaine) mais consolons-nous: avec le tandem initial, cela n’aurait certainement pas été un chef d’oeuvre tant le scénario est prévisible et inconsistant.

Le retour d’Afrique (Alain Tanner, 1973)

Un couple de prolétaires suisses prépare son départ en Afrique mais l’ami qui les avait appelés ne donne plus de nouvelles.

Charles mort ou vif et La salamandre étaient illuminés par des acteur(rice)s en état de grâce mais Le retour d’Afrique est une sinistre caricature de film d’auteur vaguement gauchiste qui n’a pas grand-chose d’autre à montrer que le désarroi de ses deux personnages dans un appartement vidé. En noir et blanc, bien sûr. Avec du Bach en fond sonore. Ça accouche finalement d’une morale bateau du genre: « les véritables voyages sont intérieurs ». Bref, un film aussi ardu que stérile.

Geneviève (Léon Poirier, 1923)

Pendant le premier empire dans un village montagnard, l’histoire d’une femme qui rata son mariage à cause de la pauvreté de sa condition et que sa soeur fut séduite par un officier.

La trame de Lamartine est mièvre, les développements sont trop longs et le jeu des actrices parfois exagéré mais la mise en scène de Léon Poirier, dans la droite lignée de celle de Jocelyn, sobre, aérée, vigoureuse et bucolique, est le meilleur équivalent français de l’école suédoise et sauve le film en élevant le ton.