Une nouvelle chance (Trouble with the curve, Robert Lorenz, 2012)

Un recruteur de base-ball près de la retraite et fâché avec sa fille s’oppose à la direction de son club.

Jusqu’au dénouement, on s’efforce d’y croire. Cette opposition entre vieux pleins de bon sens et technocrates déshumanisés a beau être manichéenne et attendue, les notations crues sur la vieillesse d’un Clint plus que jamais fasciné par sa propre décrépitude (la première séquence présente quand même la star entrain de pisser des lames de rasoir) ainsi que ses conflits avec sa progéniture lui insufflent une appréciable justesse humaine. Mais la consternante stupidité de la fin achève l’indulgence du spectateur un tant soi peu lucide.

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Le gaucho (Dino Risi, 1964)

Un attaché de presse et des actrices vont en Argentine pour défendre l’Italie dans un festival de cinéma. Là, ils rencontrent un immigré qui a fait fortune dans la viande de boeuf.

Partis en Argentine, Ettore Scola et Dino Risi n’ont eu qu’un mois pour écrire le film avant que le tournage ne commence. Cela se ressent tant le récit manque de ligne directrice. Toutefois, si le comique n’est pas aussi brillant qu’il ne le fut avec ces auteurs, plusieurs séquences touchent par leur pudique amertume; c’est le cas de celles avec le personnage de l’ami qui a raté sa vie joué par Nino Manfredi. Ses retrouvailles avec Gassman dans les quartiers populaires et immigrés de Buenos Aires font fortement songer à Nous nous sommes tant aimés, sorti 10 ans plus tard.

Point break (Kathryn Bigelow, 1991)

A Los Angeles, un flic frais émoulu infiltre le milieu des surfeurs pour y démasquer un gang de braqueurs de banque.

La fascination de Kathryn Bigelow pour les beaux mecs torse nu qui se tapent dessus en dit long sur la perversité du désir féminin. Sinon, à quelques poncifs près tel le destin du flic acolyte, c’est très bien. A partir d’une trame policière classique, une vraie dialectique entre hédonisme et nécessité de l’ordre est intelligemment développée. Les époustouflantes séquences de chute libre au-dessus de la Californie font ressentir cette tentation de couper toutes les amarres dans une quête jamais assouvie de sensations pures et intenses. D’une façon générale, Bigelow s’avère une reine du cinéma d’action tant sa maîtrise de la steadycam lui permet ce paradoxal exploit de maintenir la clarté de l’espace tout en faisant coller sa caméra aux protagonistes pour un maximum d’adrénaline. A ce titre, la longue poursuite à pied n’est pas le moindre des morceaux de bravoure d’une oeuvre qui en regorge. Dans des rôles dont la complexité se révèle au fur et à mesure de la projection, Patrick Swayze et Keanu Reeves sont impeccables.

Le crime est notre affaire (Pascal Thomas, 2008 )

Un coupe de détective enquête sur un meurtre dans une grande maison.

Ce blog témoigne de ma large affection pour Pascal Thomas mais, à ce degré de coupure avec la réalité, ce n’est plus possible. La photo est jolie mais dialogues, direction artistique, actions (ce consternant gag de la bretelle coincé dans la bouche d’aération) et récit sonnent complètement faux à force d’être surannés.

Larmes de joie (Mario Monicelli, 1960)

Un soir de nouvel an, deux acteurs ratés écument différentes fêtes et rencontrent un voleur.

La longueur et la mobilité des plans assurent un appréciable réalisme à une comédie reposant sur le duo de cabotins Magnani/Toto. Cette comédie est par ailleurs assez vaine et plus sinistre que drôle.

 

Tarass l’indompté/Les insoumis/Les indomptés (Marc Donskoï, 1943)

Pendant la Grande guerre patriotique, une famille russe fait face à l’occupation allemande.

J’aurais bien aimé voir les puritains de la critique affectant l’indignation devant La liste de Schindler démontrer en quoi le film de Spielberg est moins tolérable que la scène de « Shoah par balles » que Marc Donskoï a tenu, contre la censure communiste refusant un focus sur les Juifs, à faire figurer dans Tarass l’indompté. Sans état d’âme, le réalisateur reconstitue le très récent massacre de Babi Yar en employant, parallèlement à des plans symbolistes sur le ciel noir, les procédés dramatisants du tout-venant hollywoodien.

Cette séquence à ma connaissance unique dans le cinéma mondial des années 40 est assez décorrélée du reste d’un film qui suit une famille russe face aux Allemands. Une pointe de grandiloquence soviétique altère la force simple de belles séquences à hauteur d’hommes (tel les rencontres entre le père et le médecin juif). Le trait est souvent épais mais le lyrisme visuel de Donskoi élève régulièrement la tonalité de l’oeuvre. Notamment, ses horizons sont dignes de John Ford.