Ne le criez pas sous les toits (Jacques Daniel-Norman, 1943)

L’assistant d’un chimiste décédé est poursuivi par divers personnages qui croient qu’il possède la formule d’un super carburant.

Avec cette fernandellânerie, Jacques Daniel-Norman est loin du niveau qu’il atteindra avec ses comédies policières suivantes, tel 120 rue de la gare, Monsieur Grégoire s’évade ou même L’aventure est au coin de la rue. Mais il faut dire qu’ici, il n’est pas crédité au scénario alors qu’il a écrit ces trois bons films.

Le navire blanc (Roberto Rossellini, 1941)

L’équipage d’un croiseur italien prend part à une bataille navale puis ses blessés sont évacués sur un navire hôpital.

Le néo-réalisme était plus qu’en germe dans ce film de propagande fasciste dénué d’intrigue et d’acteurs professionnels, où prime l’attention aux gestes techniques des marins et des infirmières. Ces gestes forment une épopée à la beauté simple. L’emphase de la fin jure avec la dignité du reste. Etonnante dédicace aux marins « de toutes les armées ».

Show boat (James Whale, 1936)

A la fin du XIXème siècle, les pérégrinations d’une famille de comédiens sur un bateau du Mississippi…

A partir du moment où il quitte le Mississippi, le film perd de sa singularité mais la beauté de la photographie, où les scintillements du fleuve poétisent l’image, l’immense Paul Robeson et la soprano Irene Dunne chantant les standards de Jerome Kern, la qualité de la distribution où figurent notamment les très sympathiques Charles Winninger et Helen Morgan, et, d’une façon générale, la poésie sudiste qui dilue l’intrigue dans une représentation mythique, quoique non exempte de pertinente critique sociale, de Dixieland et qui donne aux figurants et personnages secondaires une importance qui évoque Renoir et Eisenstein, font de cette deuxième version de Showboat un des meilleurs films musicaux des années 30.

La neige était sale (Luis Saslavsky, 1953)

Le fils d’une prostituée fait fortune sous l’Occupation.

Concentré des pires tares de la « qualité française »: tout réalisme de contexte est éludé au profit d’une psychologisation de l’origine du Mal des plus conventionnelles, les nuances sont absentes et la noirceur est aussi appuyée que déconnectée de toute sorte de vérité. Tout est lourd, faux, détestable de bassesse et de stupidité.