Un homme dans la foule (Elia Kazan, 1957)

L’ascension sans limite d’un homme de la rue devenu speaker à la télévision. Avec ce sujet, on se doute d’où Kazan veut en venir. Et effectivement, on n’est pas surpris. Jamais. Un homme dans la foule est une fable schématique qui critique la société américaine. Pendant deux heures. Successivement jouet des puissances de l’argent et de la politique, le héros n’a aucune individualité. Le déterminisme scénaristique répond au déterminisme social, vision du monde un peu limitée intellectuellement et esthétiquement mais à laquelle Kazan le marxiste devait être sensible. L’histrionisme d’Andy Griffith et la perpétuelle outrance de la mise en scène, loin de compenser la pesanteur de la dramaturgie alourdissent le film. Le cinéphile à la recherche d’un bon film sur un quidam moyen propulsé tribun se tournera vers L’homme de la rue, chef d’oeuvre de Capra qui n’a rien perdu de son acuité et de sa beauté. L’amateur à la recherche du film définitif sur le cynisme des gens de la télévision se tournera vers l’excellent Network de Sidney Lumet.

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