La fille de l’usine de briques (Yasuki Chiba, 1940)

Dans un quartier populaire, une jeune fille dont la famille dysfonctionne sympathise avec une camarade coréenne récemment immigrée.

Les bons sentiments sont sympathiques, certaines images sont joliment composées mais c’est très décousu et ça manque de relief et d’un point de vue affirmé sur le sujet (même si le seul choix du sujet étonne compte tenu de l’époque). C’est le genre de film ras-les-pâquerettes qui a besoin d’un Naruse ou d’un Ozu inspiré pour être transfiguré.

Nuits de Chine (Osamu Fushimizu, 1940)

A Shanghaï, une Chinoise qui hait les Japonais depuis la mort violente de ses parents s’éprend d’un policier nippon…
Les éclairages et cadrages sont d’un bon niveau mais la propagande est risible, le rythme mou, les ficelles énormes, le récit hétéroclite, le drame très mal construit et l’oeuvre dépourvue d’unité. Toutefois, une séquence de déambulation dans les ruines s’abstrait presque du contexte mélodramatico-propagandiste pour atteindre à une douleur universelle qui préfigure Allemagne année zéro. Nuits de Chine n’en demeure pas moins un très mauvais film.

L’or du Cristobal (Jacques Becker et Jean Stelli, 1940)

Un second débarqué dans un pays exotique après avoir fricoté avec la femme du capitaine s’allie avec le potentat local pour dérober la cargaison d’or de son ancien navire.

On comprend que le grand Jacques Becker ait plus ou moins escamoté son premier long-métrage, abandonné en cours de route et achevé par Jean Stelli, de sa filmographie. Non seulement, c’est une ineptie mais de plus, toutes les scènes potentiellement spectaculaires ont lieu hors-champ et sont racontées a posteriori par des témoins (on imagine aisément les problèmes ayant pesé sur la production). Le cabotinage de Charles Vanel en général Tapioca est parfois amusant et  on peut voir la rare et belle Conchita Montenegro. C’est tout.

Dance, girl, dance (Dorothy Arzner, 1940)

Une jeune danseuse essaye de vivre de son art sans pour autant se compromettre dans des spectacles de bas étage et tombe amoureuse d’un riche divorcé.

On y voit Maureen O’Hara toute jeunette avant qu’elle ne devienne l’égérie de John Ford mais c’est quand même pas terrible du tout parce que la faiblesse de l’intrigue n’a d’égale que celle des numéros musicaux, ce qui, pour un musical, est assez embêtant. Pour rendre regardables les séries B musicales de la RKO, il fallait au moins le génie d’un Fred Astaire. Et encore.

Les révoltés du Clermont (Little Old New York, Henry King, 1940)

A New-York au début du XIXème siècle, Robert Fulrton débarque dans le but de faire construire le bateau à aubes qu’il a inventé.

C’est avec une habileté toute conventionnelle que Henry King mêle la romance, l’humour, la baston et l’édification dans cette reconstitution « 100% studio » du New-York circa 1807.

Campement 13 (Jacques Constant, 1940)

Une femme fait des ravages dans un campement de mariniers.

Ce seul film français réalisé par Jacques Constant est un titre atypique de la production de son époque. En plus d’être l’occasion d’un intéressant discours documentaire dans les premières séquences, le milieu des mariniers sur berge est un terreau dramatique des plus fertiles: pour le scénariste de métier qu’était Jacques Constant, il fut sans doute facile d’appliquer les bonnes vieilles recettes du mélo naturaliste à cette population masculine coupée du monde et confrontée à l’altérité féminine. Ainsi, plus qu’une étude entomologiste à la Becker, Campement 13 est un drame de la passion qui rejoue l’éternel schéma de la fille de mauvaise vie qui rend fou d’amour les braves gars, sans grande subtilité mais avec un beau sens de la dialectique et un lyrisme naïf matérialisé dans les dialogues qui touche juste à plusieurs endroits. A voir.

La roulotte rouge/La belle écuyère (Chad Hanna, Henry King, 1940)

Dans le sud des Etats-Unis en 1841, après avoir aidé un esclave à fuir, un palefrenier et la fille d’un propriétaire rejoignent un cirque itinérant…

Petite bluette au charme superficiel. Le superbe Technicolor à dominante rouge et or, la sobre délicatesse de Henry King à l’origine de quelques beaux moments (tel le premier baiser des mariés) et la qualité des comédiens assurent un spectacle agréable mais ne suffisent pas à étoffer un récit foncièrement pusillanime et conventionnel.