Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre, 1987)

Pour y enquêter sur une série de meurtres, un inspecteur revient dans une station balnéaire où il a vécu.

L’intrigue policière est un peu incompréhensible mais les nombreux personnages de cette ville côtière assurent un certain tissu romanesque et les filles -Elisabeth Bourgine, Marie Trintignant, Gabrielle Lazure -sont jolies.

 

Cours privé (Pierre Granier-Deferre, 1986)

Le directeur d’un lycée privé parisien reçoit des lettres et photos anonymes mettant en cause une de ses enseignantes, jeune et jolie prof d’histoire.

C’est bien artificiellement que le mystère est ménagé (de la stupide rétention d’information) mais, par son travail sur les décors et la musique, le metteur en scène instaure un climat assez fascinant dans les scènes où la fort jolie Elisabeth Bourgine se retrouve seule dans son appartement. Cours privé n’est pas un très bon film mais révèle une actrice qui aurait pu (dû?) devenir une star.

L’étoile du Nord (Pierre Granier-Deferre, 1982)

A Charleroi dans les années 30, après un crime sordide, un homme s’installe dans une pension de famille après avoir rencontré la fille de la tenancière en Egypte…

L’exposition semble alambiquée mais à partir de l’installation de monsieur Edouard chez madame Baron, L’étoile du Nord prend toute sa dimension mélancolique. Le film se focalise alors sur les diverses répercussions de l’insertion d’un voyageur hanté par des souvenirs plus ou moins fantasmés dans un milieu où tout est réglé par la cadence de l’habitude. En particulier, le réveil chez la tenancière des tendres regrets de la jeunesse est évoqué avec une admirable finesse. Ce dernier rôle au cinéma permit à Simone Signoret une sortie digne de son talent. Nostalgique, lunaire, bonhomme et inquiétant, Philippe Noiret a trouvé ici une des plus belles occasions de rappeler quel grand acteur il est. L’ambiance douillette et un brin rance de cette pension de famille est parfaitement restituée grâce notamment à des seconds rôles consistants, une jolie musique de Philippe Sarde et une bonne photographie de Pierre-William Glenn. Avec Le chat, cette nouvelle adaptation de Simenon serait-elle le plus beau film de l’inégal Granier-Deferre?

 

Spetters (Paul Verhoeven, 1980)

Dans la banlieue de Rotterdam, une vendeuse de frites avide de s’élever socialement s’intéresse à trois copains dont un jeune champion de motocross.

Force est de constater que la générosité romanesque de la narration et la puissance vitaliste de la mise en scène l’emportent face à la laideur délibérée du décor, de la lumière, des acteurs, de la musique, des images de sexe parfaitement gratuites et des consternants clichés (l’homo refoulé qui s’accepte grâce à un viol) qui sous-tendent une Weltanschuung ne déviant jamais de son cynisme programmatique. Pas sûr toutefois que Spetters supporte une révision.

Du sang sur la Tamise (The long good friday, John Mackenzie, 1980)

A Londres à la fin des années 70, un caïd entend profiter de l’entrée de l’Angleterre dans le Marché commun pour devenir respectable mais une série de morts violentes altère ses plans.

Un bon polar qui mêle habilement stylisation plastique et saupoudrage documentaire. La nervosité de la caméra, l’inventivité des scènes de violence, une certaine sensibilité de coloriste et l’emphase de la musique vivifient un récit aux enjeux variés. Les docks londoniens ont rarement été aussi bien filmés. Scorsese a dû voir The long good friday avant de réaliser Les affranchis.

Les moissons du printemps (Racing with the moon, Richard Benjamin, 1984)

En 1942, deux jeunes Californiens comptent bien profiter des semaines qui leur restent avant d’être enrôlés dans l’Armée.

La mise en scène n’est pas des plus transcendantes mais la simplicité du ton et un excellent trio de jeunes acteurs -Sean Penn, Nicolas Cage et Elizabeth McGovern- insufflent une attachante justesse à ce classique film sur le passage à l’âge adulte en temps de guerre (le genre d’oeuvre qui aurait pu être réalisée par Henry King à l’époque où se déroule son action).

P’tit con (Gérard Lauzier, 1984)

Agé de 18 ans, un fils de bourgeois pétri d’idées gauchistes quitte le domicile de ses parents…

Peut-être le meilleur film de Gérard Lauzier. D’abord, le satiriste est en verve et le spectateur se marre bien. Ensuite, son éternel cynisme n’empêche pas une certaine tendresse pour les personnages d’affleurer ici et là. Enfin, pour une fois, le récit va jusqu’au bout de sa logique et les contradictions soulevées ne sont pas artificiellement escamotées à la fin. Bref, la justesse et la fantaisie l’emportent sur le prêt-à-penser réac.