La rue sans joie (André Hugon, 1938)

Parce que la propriétaire des lieux voulait l’entremettre avec un riche malfrat, une jeune fille pauvre est mêlée à une affaire de meurtre dans un bordel.

Adapté par André Hugon, le roman de Hugo Bettauer rendu célèbre par le chef d’oeuvre muet de G.W Pabst tend nettement vers le mélodrame de l’espèce la plus simplette. Cependant, une technique ambitieuse pallie, tant bien que mal, aux faiblesses de l’écriture. Un art consommé du montage parallèle allié à la musique concourt à maintenir l’intérêt du spectateur. Si les décors sont indigents, certains plans semblent tournés à la grue, ce qui étonne dans un film français des années 30. Enfin, une distribution prestigieuse dirigée sans trop de caricature et un beau numéro de Fréhel achèvent de me rendre indulgent avec ce cher André Hugon. Encore une fois.

Remparts d’argile (Jean-Louis Bertuccelli, 1969)

Dans un village du Sahara, l’armée arrive après que les hommes, travaillant dans une carrière, se sont mis en grève.

Jean-Louis Bertuccelli a beau avoir eu un coup de coeur pour un village du Sahara, son film n’apparaît que comme une compilation des tics du cinéma absurde et conceptuel de son époque. Dramatiquement, esthétiquement, didactiquement et politiquement, c’est nul. Remparts d’argile est un film aussi vain que du Miklos Jancso (sans en avoir la virtuosité formelle).

Empreintes digitales (Big brown eyes, Raoul Walsh, 1936)

Après une dispute avec son fiancé policier, une manucure est engagée dans un journal où elle enquête sur la même affaire criminelle que son ex.

Alors que ses films réalisés dans les années 30 sont majoritairement décevants, cela fait plaisir de retrouver le rythme vif, les ruptures de ton surprenantes mais logiques et le populisme de bon aloi (les clients du coiffeur qui font office de choeur tragique!) propres à Raoul Walsh dans un bon film. Cette comédie policière, non dénuée de gravité, bénéficie de dialogues vachards, de l’amoralisme du style qui détourne la convention et d’un Cary Grant plus plébéien qu’à l’accoutumée mais non moins spirituel; son couple avec Joan Bennett fonctionne bien.

 

Les gladiateurs (Demetrius and the gladiators, Delmer Daves, 1954)

Sous le règne de Caligula, le chrétien qui avait récupéré la tunique du Christ est condamné à devenir gladiateur.

De la finesse dans la caractérisation des personnages secondaires (sauf l’empereur), l’opulence de la direction artistique et la précision enlevée de la mise en scène n’empêchent pas le drame de ce chrétien gladiateur d’apparaître finalement schématique et attendu.