Durch die Wälder, durch die Auen (G.W Pabst, 1956)

Sur la route de Prague, Carl Maria von Weber et la chanteuse de son dernier opéra tombent dans une embuscade manigancée par un comte amoureux de la femme.

Intitulé d’après un air du Freischütz (A travers les forêts, à travers les pâturages), ce dernier film de Pabst n’est pas un biopic classique. Se focaliser sur cet épisode de la vie du maître permet de montrer l’angoisse amoureuse qui suscite l’inspiration et de jouer avec la notion de simulacre, très proche de la notion de mise en scène. Chaque personnage est présenté avec dignité et le découpage, qui préfère les mouvements d’appareil au champ-contrechamp, est élégant et fluide. Il manque simplement un minimum de sensibilité, notamment dans la direction d’acteurs, et de goût, dans l’utilisation de la couleur, pour faire vibrer une matière qui eût idéalement convenu à un Max Ophuls. Nonobstant, la dernière séquence clôt joliment l’oeuvre de Pabst grâce à son mélange de pudeur et de lyrisme musical.

Salonique, nid d’espions/Mademoiselle Docteur (G.W Pabst, 1937)

En 1918 en Grèce, pour sauver sa peau, un espion allemand commence à jouer double jeu.

Scénario débile + mise en scène nulle + distribution ahurissante (Jouvet en espion allemand déguisé en maraîcher grec!) = superproduction inepte.

Du haut en bas (G.W. Pabst, 1933)

Tranche de vie dans un immeuble aux habitants divers et variés.

Du haut en bas est une chronique hétérogène dotée d’une distribution exceptionnelle où chacun joue parfaitement sa partition habituelle: Gabin en jeune premier gouailleur, Michel Simon en marginal ruiné et désinvolte, Milly Mathis en truculente cuisinière, Pauline Carton en charitable couturière, Peter Lorre en mendiant inquiétant…Tout ceci bien sûr n’est guère original et les velléités sociales manifestées par les intrigues de domestiques maltraités ou de locataires expulsés ont vite fait de s’estomper devant les conventionnelles romances mais c’est vivant, habilement mené et donc sympathique.

L’Atlantide (G.W. Pabst, 1932)

Aux confins de la Tunisie, un capitaine de l’armée coloniale se souvient d’une expédition dans le désert où il pénétra en Atlantide…

Du David Lynch avant l’heure. Le flou entre hallucination et réalité est suffisamment bien ménagé pour que le spectateur n’assimile pas les images qui se déroulent devant ses yeux à un délire sans objet. La forme concentrique du récit (trait de génie), la rigueur du montage, l’originalité des transitions, le splendeur des cadrages et le velouté des travellings permettent à la fascination de rester constante.

Don Quichotte (G. W. Pabst, 1933)

Un vieil hidalgo qui a lu beaucoup de romans de chevalerie s’en va défendre la veuve et l’orphelin.

Condenser un bon millier de pages en un film d’à peine une heure demandait évidemment à l’adaptateur de supprimer beaucoup d’épisodes du fabuleux roman de Cervantès. Paul Morand, scénariste de luxe, ne s’est visiblement pas montré assez drastique dans cette tâche. Il y a trop de péripéties compte tenu du métrage final. Le film ne prend pas le temps d’exposer les différentes situations, de les dramatiser, bref de mettre en scène ce qu’il raconte. D’où l’impression pour le spectateur d’être en face d’une succession d’images sans enjeu qu’il regarde avec un détachement complet. Dans ces conditions, difficile également de faire exister les personnages. Sancho Pança, si beau et si plein d’humanité dans le roman, est interprété par un Dorville pour le moins peu crédible. Don Quichotte a tout de même inspiré à Pabst une poignée de plans beaux et expressifs.