Les vampires (Riccardo Freda, 1956)

Un journaliste et un policier enquête sur des meurtres de jeunes gens à Paris…

Les somptueux décors de Beni Montresor aussi bien que la photo et les trucages ingénieux de Mario Bava alimentent une fascinante atmosphère gothique. Réinventant le genre du film d’horreur délaissé depuis une bonne dizaines d’années, Riccardo Freda ne lésine pas sur les gargouilles, les rideaux qui frémissent et les couvercles de pianos qui tombent. Ce bric-à-bric morbide est l’écrin d’un récit tragique: celui d’une femme que son refus de vieillir conduit à un flirt de plus en plus rapproché avec la Mort. La sublime Gianna Maria Canale prête ses traits hiératiques et mélancoliques à cette héroïne. Il est dommage que le reste de la distribution ne soit pas à la hauteur et que le scénario n’exploite guère le potentiel dramatique de la relation entre le journaliste et la criminelle éperdument amoureuse de ce dernier. Bref, Les vampires est un beau film où l’inventivité et le raffinement plastiques (d’autant plus admirables que le budget fut minuscule) compensent la faiblesse de la dramaturgie. Il est en ceci typique de Freda.

 

L’oiseau bleu (Maurice Tourneur, 1918)

Deux enfants pauvres rêvent d’un pays merveilleux où un oiseau bleu leur promet le bonheur.

L’histoire tirée de Maeterlinck n’a aucune espèce d’intérêt dramatique et les trucages, lumières, accessoires et costumes, dont certains firent effet en leur temps et annoncent Le cabinet du docteur Caligari, ne font qu’accentuer la fausseté brinquebalante de l’oeuvre. L’oiseau bleu est un nouvel exemple de cette loi qui dit que les films réalistes et classiques vieillissent mieux que les bidouillages oniriques à base d’artifices divers et variés.

Nomads (John McTiernan, 1986)

Pendant qu’elle le soigne, une jeune neurologue est frappée par un fou ensanglanté qui meurt aussitôt. Plus tard, la neurologue a des hallucinations correspondant à la vie de cet homme qui était un ethnologue réputé qui venait d’emménager dans une banlieue américaine et avait commencé à enquêter sur des nomades urbains nihilistes et meurtriers.

Une série B encore plus fumeuse que ce résumé ne l’indique. C’est dire. Et laid (musique atroce) et mou qui plus est.

Fantasmes (Bedazzled, Stanley Donen, 1967)

Un pauvre type qui se suicide reçoit la visite du Diable qui lui propose d’exaucer sept voeux.

Série de sketches sans grand intérêt tant les images soignées de Stanley Donen (Cinémascope précis et couleurs « pop ») donnent l’impression de tourner à vide. L’arbitraire de la narration reposant sur les facilités offertes par un contexte irréaliste n’est guère compensé par l’inspiration comique et encore moins par l’approfondissement des caractères, qui restent conventionnels de bout en bout. A l’exception du passage avec les mouches, les gags sont rares et peu inventifs. Peter Cook, en diable version membre caché des Who, est tout de même amusant.