Châteaux en Espagne (René Wheeler, 1954)

La secrétaire d’un homme mort dans l’avion pour Madrid s’entiche du frère de ce dernier, torero de son état.

René Wheeler tente un truc en mélangeant romanesque et documentaire mais ça ne fonctionne pas du tout car la mise en scène sans éclat ne restitue aucunement la fougue latente du sujet. Même Danielle Darrieux a l’air de s’ennuyer.

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Les lions sont lâchés (Henri Verneuil, 1961)

Une jeune Bordelaise quitte son mari pour faire des expériences sentimentales et sexuelles par l’entremise d’une amie de la haute-société parisienne.

Le délicieux petit roman de Nicole a un peu perdu au change de l’adaptation. Plusieurs phrases étincelantes ont été conservées mais apparaissent plaquées sur des scènes qui n’ont pas leur vivacité ni leur sens du détail. Qui n’a pas lu le livre risque d’être largué par certains rebondissements racontés uniquement par la voix-off. La satire sociale est rapetissée et le récit réduit aux tortueuses tribulations des six personnages principaux. Ces six personnages principaux étant prodigieusement distribués et l’élégante liberté de ton de la romancière ayant été maintenue par France Roche et Michel Audiard, le film demeure agréable.

L’heure zéro (Pascal Thomas, 2007)

Une réunion de famille dans un manoir breton vire au crime.

Passe encore pour les inégalités de la distribution (Laura Smet, très caricaturale) et le côté très « monde sous cloche » de la mise en scène d’un Pascal Thomas qui a depuis longtemps tourné le dos à la justesse réaliste de ses débuts. L’équilibre entre comique et policier est suffisamment assuré pour maintenir l’intérêt du spectateur. Ce qui fait vraiment sombrer L’heure zéro, c’est un dénouement, donc une clef de voûte, dénué de toute logique élémentaire. De plus, lors de cette scène capitale, le jeu de Melvil Poupaud, incapable de simuler la démence, en rajoute dans le ridicule (alors que le jeune homme s’en sort très bien lorsqu’il se limite à « jouer » le grand bourgeois).

La maison Bonnadieu (Carlo Rim, 1951)

Croyant avoir affaire à un cambrioleur, le patron d’une maison de couture se retrouve nez à nez avec le jeune amant de son épouse…

Une vraie bonne comédie, pétillante et malicieuse. Des dialogues savoureux, de l’invention dans les situations comiques, la haute tenue du découpage (certains plans subjectifs frisent même la coquetterie) et, surtout, un personnage de cocu magnifiquement interprété par Bernard Blier dont l’amour vrai et profond insuffle une cruauté inattendue au vaudeville, font probablement de La maison Bonnadieu le meilleur film de Carlo Rim.

 

Le bal (Wilhelm Thiele, 1931)

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Délaissée par sa mère, une jeune fille sabote le premier bal organisé par ses parents subitement enrichis.

L’incisif petit livre de Irène Némirovsky a été affadi par un traitement aussi mou que caricatural. Pour son premier film, Danielle Darrieux, en plein dans l’âge ingrat et horriblement coiffée, n’a pas encore la grâce qui sera la sienne trois ans plus tard.

 

Bethsabée (Léonide Moguy, 1947)

Dans un poste militaire d’Afrique du Nord, l’arrivée de la fiancée d’un officier trouble le mess en réveillant des passions enfouies.

Une intrigue aussi inextricable que celle de Bethsabée aurait nécessité un traitement plus distant de façon à tirer le film vers la tragédie mais la vulgarité totale et veule de Léonide Moguy, qui va jusqu’à ôter à Danielle Darrieux sa grâce naturelle, l’abaisse dans une mièvrerie impossible.

La fausse maîtresse (André Cayatte, 1942)

Attiré par la femme de son meilleur ami, un homme fait croire qu’une trapéziste est sa maîtresse.

C’est une bonne idée que d’avoir transposé l’intrigue impossible du court roman de Balzac au XXème siècle. Ce faisant, André Cayatte a changé la nature des sentiments qui animent le héros: moins sublimes que prosaïques, ils apparentent La fausse maîtresse à une comédie, l’argument de base se révélant propice à tous les quiproquos et malentendus. Toutefois, on ne peut pas dire que la verve comique rivalise avec celle des meilleures comédies américaines ni même avec celle d’un film comme Battement de coeur. Il y a quelques moments assez amusants mais le sens du rythme et de la trouvaille piquante fait globalement défaut. Heureusement, la présence de Danielle Darrieux dans son dernier rôle « de jeunesse » illumine le film à plusieurs endroits.