Retour en force (Jean-Marie Poiré, 1980)

A sa sortie de prison, un gangster retrouve sa femme qui s’est mise en ménage avec un chauffeur de la RATP.

La grossièreté systématique des caractères et des situations peine à compenser la faiblesse du scénario et des gags.

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Le policeman (Fort Apache, The Bronx, Daniel Petrie, 1980)

Dans un commissariat du Bronx, un vétéran fait équipe avec un jeune ambitieux tandis qu’un tueur de flics sévit…

Un excellent scénario qui mêle habilement intrigue criminelle, constat social, questionnement moral et intimisme (l’inévitable histoire d’amour est superbement traitée) ainsi que la présence magnifique et émouvante de Paul Newman, soutenu par des seconds rôles parfaits, font de The Bronx un très beau polar.

Spetters (Paul Verhoeven, 1980)

Dans la banlieue de Rotterdam, une vendeuse de frites avide de s’élever socialement s’intéresse à trois copains dont un jeune champion de motocross.

Force est de constater que la générosité romanesque de la narration et la puissance vitaliste de la mise en scène l’emportent face à la laideur délibérée du décor, de la lumière, des acteurs, de la musique, des images de sexe parfaitement gratuites et des consternants clichés (l’homo refoulé qui s’accepte grâce à un viol) qui sous-tendent une Weltanschuung ne déviant jamais de son cynisme programmatique. Pas sûr toutefois que Spetters supporte une révision.

Du sang sur la Tamise (The long good friday, John Mackenzie, 1980)

A Londres à la fin des années 70, un caïd entend profiter de l’entrée de l’Angleterre dans le Marché commun pour devenir respectable mais une série de morts violentes altère ses plans.

Un bon polar qui mêle habilement stylisation plastique et saupoudrage documentaire. La nervosité de la caméra, l’inventivité des scènes de violence, une certaine sensibilité de coloriste et l’emphase de la musique vivifient un récit aux enjeux variés. Les docks londoniens ont rarement été aussi bien filmés. Scorsese a dû voir The long good friday avant de réaliser Les affranchis.

Baddegama/Village dans la jungle (Lester James Peries, 1980)

Dans la campagne sri-lankaise, un fermier est victime du sort que lui jette un vieil homme à qui il a refusé sa fille puis des magouilles de l’administrateur colonial.

La rigueur de la mise en scène et la beauté nue des cadres sont altérées par le ridicule nanardesque des images d’hallucination. Il y a une certaine beauté tragique dans le destin de ce personnage écrasé aussi bien par les mythes archaïques de sa communauté que par les subtilités de l’administration anglaise mais la narration aurait gagné à fusionner ces deux intrigues. Bref, c’est pas mal mais ça aurait pu être mieux, d’autant que les acteurs ont une belle présence.

 

Melvin et Howard (Jonathan Demme, 1980)

Dans le Nevada, un père de famille qui a du mal à joindre les deux bouts recueille Howard Hughes après un accident de moto…

La partie consacrée aux déboires économico-sentimentaux du jeune couple est un peu répétitive et manque d’ampleur mais le testament relance joliment le récit. Les mouvements de caméra sont parfois ostentatoires. Un film assez sympathique.

Un petit cercle d’amis (Rob Cohen, 1980)

Au tournant des années 70, les relations de deux étudiants et une étudiante engagés dans l’action gauchiste.

En dépit de l’inspiration avouée de Ezra Sacks et Rob Cohen, à savoir Jules et Jim, le récit se contente de faire participer ses trois héros à des événements sociologiquement significatifs sans affiner leurs relations ni même faire en sorte que ces événements affectent profondément leur psychologie. In fine, les enjeux politiques s’effacent complètement devant l’historiette sentimentale. Du fait de cette carence de l’écriture, l’emphase du traitement est parfois un peu ridicule. Les somptueux thèmes musicaux de Jim Steinman, arrangés à toutes les sauces, ainsi que la qualité des comédiens -sutout Brad Davis et la délicieuse Karen Allen- font quand même de cette chronique nostalgique un plaisant divertissement.