Les rôdeurs de la plaine (Flaming star, Don Siegel, 1960)

Une famille où la mère est indienne et le père est blanc est tiraillée au moment où une nouvelle guerre avec les Indiens est imminente.

Ce film avec Elvis ne ressemble pas à un film avec Elvis. D’abord, il n’y chante que dans le générique et dans la scène de fête familiale qui ouvre le film. Ensuite, l’oeuvre est d’un jusqu’au-boutisme pessimiste qui, même considéré dans le cadre général de la production hollywoodienne de l’époque, étonne. Don Siegel met en scène le drame de ce métis victime du rejet des différentes communautés avec la franche dureté qui lui est propre. Son découpage est sec, utilisant bien le Cinémascope, et les scènes d’action sont parsemées de notations très violentes comme lorsque le personnage de Presley cogne la tête d’un cow-boy qui a mal parlé à sa mère. Sans être un comédien exceptionnel et en dépit d’un brushing toujours impeccable (seule concession à son image), la star ne peine pas à être crédible dans le rôle de ce jeune homme ombrageux et très proche de sa maman. Quelques articulations de scénario un peu faciles n’empêchent pas Les rôdeurs de la plaine de s’avérer un très bon western, rappelant fortement lors de ses premières séquences La Prisonnière du désert sans rougir de la comparaison.

Ailleurs l’herbe est plus verte (Stanley Donen, 1960)

Une lady tombe dans les bras d’un millionnaire américain venu visiter le château de son mari.

Les ressorts théâtraux sont patents mais la finesse des dialogues, la classe de la distribution, la splendeur de l’enrobage Technirama et la hauteur de vue d’un récit où chaque personnage a sa dignité font qu’il serait stupide de faire la fine bouche devant cette comédie presque aussi étincelante que du Guitry circa-1936.

Il vigile (Luigi Zampa, 1960)

Après avoir harcelé le maire pour obtenir le poste, un chômeur devient enfin motard…

Encore une fois, Alberto Sordi s’avère l’acteur idéal pour Luigi Zampa tant il incarne avec humanité la veulerie et l’opportunisme. L’auteur se fait ici le contempteur acéré d’une certaine tendance de la société italienne: passe-droits et petits arrangements font le miel de tout le monde, du chômeur au maire (excellent Vittorio de Sica) en passant par la vedette de passage en ville (cocasse apparition de Sylva Koscina dans son propre rôle). La drôlerie perpétuelle n’empêche pas l’amertume sous-jacente d’affleurer ici et là. La justesse maintenue de l’écriture et le naturel de la mise en scène évitent que les personnages de cette fable implacable ne soient réduits à des caricatures. Seule la scène du tribunal trahit quelque peu la vérité psychologique du (anti)héros. Elle n’empêche pas Il vigile de s’avérer un joyau méconnu de la comédie italienne.

L’inassouvie (Dino Risi, 1960)

Un dandy désabusé s’entiche d’une actrice de péplum…

La transformation d’un cynique au contact d’une fille de peu est joliment appréhendée dans ce drame pas du tout comique. L’interprétation de Peter Baldwin, idéal mélange d’élégance et d’inconsistance mondaine, sied parfaitement au rôle principal tandis que la virtuosité de Dino Risi (pertinence de l’utilisation des panoramiques, de l’écran large et des contrastes) restitue les personnages et les lieux (baie de Capri, rues de Rome) avec souplesse et précision. On regrettera cependant la dernière partie qui voit le récit évoluer en un drame de la jalousie attendu et légèrement répétitif.

Un cadeau pour le patron (Surprise package, Stanley Donen, 1960)

Un mafieux américain expulsé dans son pays d’origine, la Grèce, tente de voler la couronne d’un roi déchu.

Stanley Donen parvient à animer ses amusants croquis d’une vie véritable, notamment en peignant l’inculture de ses personnage avec une certaine tendresse. Sympathique et prestement rythmée, Surprise package est une bonne comédie policière à laquelle, toutefois, la couleur manque cruellement.

Chérie recommençons (Once more, with feeling!, Stanley Donen, 1960)

Un chef plaqué par sa femme harpiste tente d’embaucher celle-ci dans son nouvel orchestre…

Comédie de remariage adaptée d’une pièce de théâtre et tournée en Angleterre. Le déroulement est particulièrement statique, les décors luxueux mais uniformes. Les couleurs pastels sont agréables et quelques gags sont drôles mais cette timide stylisation, au service d’une dramaturgie absolument conventionnelle, tourne à vide. Les personnages demeurent à l’état de marionnettes archétypales.