Le trésor du Guatemala (Treasure of the golden condor, Delmer Daves et Otto Preminger, 1953)

Au XVIIIème siècle, un jeune Breton accompagne un vieil homme chercher un trésor au Guatemala pour reconquérir le titre et les terres dont son oncle l’a dépossédé.

Dans ce film d’aventures, Delmer Daves, secondé par Otto Preminger, ne fait preuve d’aucun génie mais le Technicolor et un récit dense et varié niveau décors assurent le minimum syndical en terme de divertissement.

La neige était sale (Luis Saslavsky, 1953)

Le fils d’une prostituée fait fortune sous l’Occupation.

Concentré des pires tares de la « qualité française »: tout réalisme de contexte est éludé au profit d’une psychologisation de l’origine du Mal des plus conventionnelles, les nuances sont absentes et la noirceur est aussi appuyée que déconnectée de toute sorte de vérité. Tout est lourd, faux, détestable de bassesse et de stupidité.

Sangaree (Edward Ludwig, 1953)

Peu de temps après l’indépendance américaine, le fils adoptif d’un riche Géorgien lutte contre des aristocrates pour jouir de son héritage.

Petit film d’aventures peu sauvable. Rien ne vient compenser la permanente facilité du script, l’indigence des décors, les transparences flagrantes et les faux raccords. Certes, je ne l’ai pas vu en relief -procédé avec lequel Sangaree a été réalisé- mais je ne vois guère de séquence où la troisième dimension ajouterait de l’intérêt tant la mise en scène est peu dynamique. On se demande également comment Michel Mourlet a pu voir en Fernando Lamas dans ce film un corps de la race de Charlton Heston. Heureusement, il y la sublime Arlene Dahl qui pimente le film d’un érotisme bienvenu.

No room for the groom (Douglas Sirk, 1953)

Un soldat en permission constate que toute la famille de sa nouvelle épouse s’est installée chez lui.

Le découpage vif et précis de Douglas Sirk, le sens du tempo comique et l’entrain de Tony Curtis transfigurent les artifices théâtraux de l’intrigue (coïncidences opportunes et condensation abusive des péripéties). Bonne comédie.

La reine vierge (Young Bess, George Sidney, 1953)

Avant son accès au trône sous le nom de Elizabeth, l’amour tragique d’une bâtarde de Henry VIII pour un brillant amiral.

Le déroulement du drame manque de concision et est trop statique mais le style rend le tout intéressant: l’esthétisme de George Sidney, son goût pour les cadres larges admirablement composés et coloriés, n’empêche pas que son film comporte aussi des scènes d’un lyrisme intense où les cordes de Miklos Rosza sur le si doux visage de Jean Simmons font merveille.

Drôle de meurtre (Remains to be seen, Don Weis, 1953)

Dans un immeuble new-yorkais, le gérant découvre qu’un homme est mort tandis que la nièce de ce dernier arrive…

Les ressorts de cette comédie policière sont théâtraux mais la variété de l’histoire et la sympathie des acteurs font passer un bon moment.

 

Cupidon photographique (I love Melvin, Don Weis, 1953)

A New-York, un photographe un peu raté travaillant à Look tombe amoureux de la fille d’un épicier qui rêve de devenir vedette.

Dans la lignée de Chantons sous la pluie (on retrouve Donald O’Connor et Debbie Reynolds qui y forment un couple fort sympathique), I love Melvin est une petite comédie musicale dynamique, fraîche et enjouée où Don Weis pose un regard tendre et amusé sur les rêves et ambitions de ses divers personnages.