Drôle de meurtre (Remains to be seen, Don Weis, 1953)

Dans un immeuble new-yorkais, le gérant découvre qu’un homme est mort tandis que la nièce de ce dernier arrive…

Les ressorts de cette comédie policière sont théâtraux mais la variété de l’histoire et la sympathie des acteurs font passer un bon moment.

 

Cupidon photographique (I love Melvin, Don Weis, 1953)

A New-York, un photographe un peu raté travaillant à Look tombe amoureux de la fille d’un épicier qui rêve de devenir vedette.

Dans la lignée de Chantons sous la pluie (on retrouve Donald O’Connor et Debbie Reynolds qui y forment un couple fort sympathique), I love Melvin est une petite comédie musicale dynamique, fraîche et enjouée où Don Weis pose un regard tendre et amusé sur les rêves et ambitions de ses divers personnages.

Dans le bas-quartier de Yokocho (Hiroshi Shimizu, 1953)

Un écrivain et sa jeune épouse manquent d’argent et ont du mal à se loger.

Sans enfant et sans paysage naturel, les limites de la dédramatisation chère à Hiroshi Shimizu se font sentir. Ces limites se font d’autant plus sentir ici que le film dure 97 minutes soit une demi-heure de trop. D’où que, malgré quelques images joliment composées, l’impression de mollesse peu consistante domine. Cette chronique sentimentalo-sociale n’a ni la vivacité de Antoine et Antoinette ni l’acuité de Haines.

Le déserteur de Fort Alamo (Budd Boetticher, 1953)

Un combattant d’Alamo qui a fui le fort avant le massacre final pour mettre les familles à l’abri est pris pour un déserteur.

Le manque de cohérence du récit reflète la pusillanimité des auteurs: si le personnage principal avait été un vrai lâche, sa conduite mutique aurait été plus logique et le drame aurait été plus intéressant. De plus, les personnages secondaires, tel celui de l’enfant mexicain, en rajoutent dans l’artifice conventionnel. Malgré ces gros problèmes de scénario, Le déserteur de Fort Alamo se laisse regarder grâce à Glenn Ford, à quelques belles images photographiées par Russell Metty, à la relative concision du découpage et à une ou deux cascades sympas. Mais il faut être de bonne humeur.

Le gentilhomme de la Louisiane (The Mississippi gambler, Rudolph Maté, 1953)

A la Nouvelle-Orléans en 1844, un joueur professionnel s’entiche de la fille d’un grand propriétaire dont le fils est un bon à rien.

Énième petit film d’aventures exploitant le folklore de la soi-disant aristocratie sudiste (duels d’honneur, bateaux à aubes, robes à froufrous…). 1953, c’est encore la bonne époque du Technicolor donc ce Gentilhomme de la Louisiane se laisse regarder pourvu qu’on soit d’humeur indulgente envers la banalité, les facilités dramatiques et les acteurs qui commencent à être trop vieux pour leurs rôles (en l’occurrence Tyrone Power).

Lettre d’amour (Kinuyo Tanaka, 1953)

Cinq ans après la capitulation, un Japonais qui gagne sa vie en écrivant des lettres d’amour à des soldats américains retrouve sa fiancée de jeunesse parmi ses clientes.

Le sujet est fort intéressant mais son traitement est poussif, monotone et un brin alambiqué. Malgré quelques jolis plans où les personnages sont bien intégrés au décor urbain, Kinuyo Tanaka réalisatrice n’a pas la grandeur de Kinuyo Tanaka comédienne.

 

Le port des passions (Thunder bay, Anthony Mann, 1953)

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A la Nouvelle-Orléans, un foreur pétrolier s’attire l’hostilité de la communauté de pêcheurs.

Si c’est certes à juste titre que Le port des passions ne jouit pas de la même réputation que la fabuleuse pentalogie de westerns, cette collaboration méconnue entre Anthony Mann et James Stewart est intéressante à divers titres. En effet, le déroulement du récit a beau être balisé et la romance du héros superfétatoire, les forces de progrès inhérentes au capitalisme et les troubles afférents (ainsi de l’arrivée d’étrangers qui perturbe la bonne marche matrimoniale) sont judicieusement montrés. Même si sa résolution est conventionnellement unanimiste, le conflit entre la communauté de pêcheurs de crevettes et l’entrepreneur pétrolier est retranscrit sans manichéisme. Par exemple, le personnage campé par Dan Duryea ne manque pas de nuances. Bref, Le port des passions est un film honorable quoique le Golfe du Mexique -forcément plat et unicolore- n’inspire pas autant Anthony Mann que le désert de l’Arizona ou les glaciers du Canada; son découpage est ici fonctionnel mais dénué de génie.