Le gentilhomme de la Louisiane (The Mississippi gambler, Rudolph Maté, 1953)

A la Nouvelle-Orléans en 1844, un joueur professionnel s’entiche de la fille d’un grand propriétaire dont le fils est un bon à rien.

Énième petit film d’aventures exploitant le folklore de la soi-disant aristocratie sudiste (duels d’honneur, bateaux à aubes, robes à froufrous…). 1953, c’est encore la bonne époque du Technicolor donc ce Gentilhomme de la Louisiane se laisse regarder pourvu qu’on soit d’humeur indulgente envers la banalité, les facilités dramatiques et les acteurs qui commencent à être trop vieux pour leurs rôles (en l’occurrence Tyrone Power).

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Lettre d’amour (Kinuyo Tanaka, 1953)

Cinq ans après la capitulation, un Japonais qui gagne sa vie en écrivant des lettres d’amour à des soldats américains retrouve sa fiancée de jeunesse parmi ses clientes.

Le sujet est fort intéressant mais son traitement est poussif, monotone et un brin alambiqué. Malgré quelques jolis plans où les personnages sont bien intégrés au décor urbain, Kinuyo Tanaka réalisatrice n’a pas la grandeur de Kinuyo Tanaka comédienne.

 

Le port des passions (Thunder bay, Anthony Mann, 1953)

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A la Nouvelle-Orléans, un foreur pétrolier s’attire l’hostilité de la communauté de pêcheurs.

Si c’est certes à juste titre que Le port des passions ne jouit pas de la même réputation que la fabuleuse pentalogie de westerns, cette collaboration méconnue entre Anthony Mann et James Stewart est intéressante à divers titres. En effet, le déroulement du récit a beau être balisé et la romance du héros superfétatoire, les forces de progrès inhérentes au capitalisme et les troubles afférents (ainsi de l’arrivée d’étrangers qui perturbe la bonne marche matrimoniale) sont judicieusement montrés. Même si sa résolution est conventionnellement unanimiste, le conflit entre la communauté de pêcheurs de crevettes et l’entrepreneur pétrolier est retranscrit sans manichéisme. Par exemple, le personnage campé par Dan Duryea ne manque pas de nuances. Bref, Le port des passions est un film honorable quoique le Golfe du Mexique -forcément plat et unicolore- n’inspire pas autant Anthony Mann que le désert de l’Arizona ou les glaciers du Canada; son découpage est ici fonctionnel mais dénué de génie.

Le prince au masque rouge (Vittorio Cottafavi, 1953)

En Février 1793, un noble s’infiltre dans la garnison du Temple pour délivrer Marie-Antoinette…

Cette seconde adaptation de Dumas après Milady et les mousquetaires est un des meilleurs films réalisés par Vittorio Cottafavi. La variété des passions (politiques, amoureuses, amicales, familiales) animant les personnages lui permet de s’éloigner du manichéisme et de déployer ses qualités tragiques. Emblématique en est le plan où Yvette Lebon annonce à son mari que leur projet de délivrer la Reine ne l’intéresse plus face à son amour pour le chef révolutionnaire. Son hiératisme, la lenteur inéluctable de son déplacement dans l’escalier et les variations de sa distance par rapport à l’objectif traduisent sublimement l’élan d’une héroïne qui, comme chauffée à blanc, vient de se choisir un nouveau joug, un nouveau destin. Ainsi, la profusion des péripéties est-elle vivifiée par le style de Cottafavi. Outre ces séquences d’une grandeur racinienne, le metteur en scène trouve matière à déployer son sens pathétique (les retrouvailles avec le dauphin où la mère s’écroule physiquement), son sens de la liturgie (l’exécution de Marie-Antoinette dont la géométrie rappelle celle de son chef d’oeuvre: La fiamma che non si spegne) et son sens sadique (le duel au poignard avec des détails d’une violence incroyable). Bref, le budget est vraisemblablement modique mais le talent est éclatant, particulièrement dans la très prenante dernière partie où le complexe écheveau narratif trouve son unité.

La roulotte du plaisir (The long, long trailer, Vincente Minnelli, 1953)

Un couple nouvellement marié décide de s’installer dans une caravane plutôt qu’une maison.

Le grand Vincente n’était pas fait pour la méchanceté. Dénué de la tendresse lucide qui fait le prix des chefs d’oeuvre que sont Le chant du Missouri ou Il faut marier papa, La roulotte du plaisir est une comédie des plus poussives. Ses articulations semblent forcées, son ton grimaçant. Systématiquement, le couple de héros prend la décision la plus stupide. En plus de désintéresser le spectateur de leur sort, cette irrécupérable sottise des protagonistes ôte sa pertinence à ce qui aurait dû être une satire bien sentie de l’American way of life.

Un dimanche romain (Anton Giulio Majano, 1953)

A Rome, un dimanche où se déroule un match de foot, différentes intrigues se nouent.

Un film choral dans la lignée de Dimanche d’août. Grâce à son sens du rythme, à la présence du cadre urbain, à la sympathie des comédiens et à la cocasse justesse de plusieurs traits, Anton Giulio Majano parvient à faire oublier le caractère très artificiel de l’écriture. Seules les scènes mélo entre l’entraîneur déchu et son épouse vénale sonnent faux dans cette sympathique comédie de la tendance « néo-réalisme rose ».