La leçon particulière (Michel Boisrond, 1968)

Un lycéen noue une idylle avec la maîtresse d’un coureur automobile.

Nul.

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Les prairies de l’honneur (Shenandoah, Andrew V. McLaglen, 1965)

En 1864 en Virginie, un fermier tente de tenir ses fils à l’écart de la guerre de Sécession.

Ce western tardif est une bonne définition par l’absurde de la mise en scène au cinéma car les ingrédients ont beau être les mêmes que ceux des chefs d’oeuvre de John Ford (famille, bastons, bons sentiments, guerre de Sécession…jusqu’à des détails comme le monologue sur la tombe de l’être aimé), la pataude réalisation de Andrew V.McLaglen ôte toute vérité humaine et tout intérêt dramatique à un récit dont les ressorts sont de plus particulièrement stupides. Le gouffre entre la splendeur des images de La prisonnière du désert et la platitude de celles des Prairies de l’honneur montre avec éclat que le cinéaste est, plus que le directeur de la photographie en l’occurrence commun aux deux films, le dépositaire du cachet visuel de l’oeuvre cinématographique.

Le gaucho (Dino Risi, 1964)

Un attaché de presse et des actrices vont en Argentine pour défendre l’Italie dans un festival de cinéma. Là, ils rencontrent un immigré qui a fait fortune dans la viande de boeuf.

Partis en Argentine, Ettore Scola et Dino Risi n’ont eu qu’un mois pour écrire le film avant que le tournage ne commence. Cela se ressent tant le récit manque de ligne directrice. Toutefois, si le comique n’est pas aussi brillant qu’il ne le fut avec ces auteurs, plusieurs séquences touchent par leur pudique amertume; c’est le cas de celles avec le personnage de l’ami qui a raté sa vie joué par Nino Manfredi. Ses retrouvailles avec Gassman dans les quartiers populaires et immigrés de Buenos Aires font fortement songer à Nous nous sommes tant aimés, sorti 10 ans plus tard.

Larmes de joie (Mario Monicelli, 1960)

Un soir de nouvel an, deux acteurs ratés écument différentes fêtes et rencontrent un voleur.

La longueur et la mobilité des plans assurent un appréciable réalisme à une comédie reposant sur le duo de cabotins Magnani/Toto. Cette comédie est par ailleurs assez vaine et plus sinistre que drôle.

 

De la veine à revendre (Andrzej Munk, 1960)

Avant, pendant et après la guerre, l’histoire d’un Polonais victime des circonstances.

L’extrême veulerie de ce personnage, que l’on suit pendant deux heures non-stop, le rend particulièrement antipathique. Son histoire est d’autant moins intéressante que les rebondissements visant à montrer l’ « absurdité » de la société sont les fruits d’une écriture paresseuse donc visible. Les effets ostentatoires du montage (accélérés, musique sursignifiante…) accentuent l’impression d’arbitraire qui émane de ce film des plus déplaisants.

 

La passagère (Andrzej Munk, 1963)

Sur un paquebot de luxe, une Allemande reconnaît une juive qu’elle surveillait à Auschwitz. Elle se souvient alors.

L’inachèvement de l’oeuvre et sa complétion par les collègues de Munk avec une voix-off et des images fixes n’empêchent pas La passagère de faire forte impression. Bien sûr, cela tient d’abord à son sujet, que Munk semble traiter sans état d’âme mais avec un tact inné. A Auschwitz même, il filme sans joliesse malvenue ni fallacieux effet de « prise sur le vif ». Ainsi, il met toute sa science d’ancien de l’école de Lodz (composition des cadres, travellings, blancs brûlés…) au service d’une reconstitution claire et sèche de l’horreur. L’exemple le plus frappant de la manière de Munk est celui de la descente vers la chambre à gaz où on voit une petite fille venir jouer avec un berger allemand tenu par un SS au sourire bienveillant. Simple et vertigineux.

Pour autant, l’oeuvre ne se limite pas à documenter le camp d’extermination. Adoptant le point de vue du bourreau, Andrzej Munk a raconté les rapports particuliers entre une surveillante nazie et une détenue pour faire ressortir l’humanité au plus profond de l’inhumanité. Contrairement à ce à quoi un esprit sentimental pourrait s’attendre, cette humanité ne prend pas la forme de la compassion mais d’une pulsion de domination tout à fait ambiguë. D’où le mystère et la richesse dramatique de La passagère. Les béances du métrage dues au décès accidentel du cinéaste renforcent ce mystère et le pouvoir de fascination qui en émane.

Le prophète (Dino Risi, 1968)

Ayant tout plaqué pour vivre en ermite, un ancien employé de bureau est forcé de retourner à Rome où il rencontre une hippie.

Décousue, laide et caricaturale, cette satire de la société de consommation est un échec (et cet échec fut reconnu en tant que tel par son réalisateur, sa vedette et son scénariste Scola, trio à l’origine de tant de réussites).