Le mouton enragé (Michel Deville, 1974)

Sur les conseils d’un ami écrivain, un fade employé de banque gravit l’échelle sociale en séduisant de belles femmes.

L’artifice très alambiqué du postulat et l’absence de crédibilité de ses développements rendent tout ça assez vain (ainsi la dimension « satirique » évoquée par certains commentateurs est nulle) malgré l’évidente et parfois grisante virtuosité du réalisateur dont la fantaisie apparaît ici moins plaquée que dans Le paltoquet ou L’ours et la poupée.

 

Publicités

Lucky Jo (Michel Deville, 1964)

A sa sortie de prison, un gangster malchanceux se retrouve soupçonné d’un braquage commis par ses anciens complices.

Le mariage entre la fantaisie mélancolique de Michel Deville et la série noire fait merveille. Le cadre du genre canalise l’inspiration du réalisateur et refrène ce sentiment d’arbitraire artificiel qui émane de la majorité de ses films. En dehors d’un ou deux raccourcis, le déroulement du récit garde une certaine logique. Eddie Constantine parfait en gangster fatigué, la musique de Delerue, des trouvailles de mise en scène comme le chien errant et des digressions où l’amitié est filmée comme dans Touchez pas au grisbi sont autant de qualités qui contribuent à faire de Lucky Jo un polar crépusculaire bien plus attachant que les films que Sam Peckinpah a ensuite tournés sur des thèmes analogues.