La vengeance mexicaine (Barbarosa, Fred Schepisi, 1982)

Un jeune fermier qui fut forcé de tuer son beau-frère se joint à un hors-la-loi solitaire…

Tous les défauts du western post-italien (absurdité des comportements, néant de la caracatérisation et du contexte politique, manque de rigueur global…) sans les éventuelles qualités (inventivité stylistique).

 

Point break (Kathryn Bigelow, 1991)

A Los Angeles, un flic frais émoulu infiltre le milieu des surfeurs pour y démasquer un gang de braqueurs de banque.

La fascination de Kathryn Bigelow pour les beaux mecs torse nu qui se tapent dessus en dit long sur la perversité du désir féminin. Sinon, à quelques poncifs près tel le destin du flic acolyte, c’est très bien. A partir d’une trame policière classique, une vraie dialectique entre hédonisme et nécessité de l’ordre est intelligemment développée. Les époustouflantes séquences de chute libre au-dessus de la Californie font ressentir cette tentation de couper toutes les amarres dans une quête jamais assouvie de sensations pures et intenses. D’une façon générale, Bigelow s’avère une reine du cinéma d’action tant sa maîtrise de la steadycam lui permet ce paradoxal exploit de maintenir la clarté de l’espace tout en faisant coller sa caméra aux protagonistes pour un maximum d’adrénaline. A ce titre, la longue poursuite à pied n’est pas le moindre des morceaux de bravoure d’une oeuvre qui en regorge. Dans des rôles dont la complexité se révèle au fur et à mesure de la projection, Patrick Swayze et Keanu Reeves sont impeccables.

Graffiti party (Big Wednesday, John Milius, 1978)

De la fin de l’adolescence à l’âge adulte, des morceaux choisis de la vie de trois amis surfeurs californiens entre 1962 et 1974.

Big Wednesday est une très belle chronique sur la fin de la jeunesse et l’évolution de l’amitié par-delà les années. A commencer par les distributeurs « francophones » qui ont tantôt appelé le film Graffiti party tantôt American party -deux titres aussi cons l’un que l’autre-, on songe à Americain Graffiti. Au style superficiel et nostalgique de George Lucas s’oppose le style vigoureux et grandiose de John Milius. Ainsi, le cinéaste insuffle énormément de lyrisme à son histoire. La dernière séquence, où une partie de surf est mise en scène comme un baroud d’honneur, est carrément épique. Cela se traduit d’abord par la musique parfois martiale, parfois élégiaque et toujours somptueuse de Basil Poledouris. Cela se traduit aussi par un montage savant où la récurrence des images de vagues déferlantes agit comme un contrepoint cosmique aux états d’âme des personnages. Parce qu’elle va de pair avec une droiture jamais prise en défaut (le traitement du conflit vietnamien est ainsi exemplaire), l’emphase du traitement, loin de la rendre ridicule, sublime véritablement cette histoire d’amitié et de jeunesse enfuie.