Danger: Diabolik! (Mario Bava, 1968)

Un pur plaisir de cinéma !

L’histoire, tirée d’une bande dessinée populaire italienne, est transfigurée par Mario Bava. Imaginez vous un James Bond ou un Fantomas qui serait pour une fois mis en scène avec style. Décors, couleurs, accessoires, costumes, transparences, musique (de Morricone), tout cela est ici délicieusement pop. Les péripéties sont délirantes mais jamais ennuyeuses car chaque geste de Diabolik, chaque vol, chaque évasion, donne lieu à une idée de mise en scène qui renouvelle la surprise du spectateur. Danger Diabolik est un des plus grands films d’action qui soient parce que l’action n’est pas un ornement spectaculaire mais l’essence du film, son principe actif. Tout y est mouvement, enchaînement, process. Comme chez Raoul Walsh ou le Bresson d’Un Condamné à mort s’est échappé. D’ailleurs, le jeu monolithique de John Phillip Law qui joue Diabolik renvoie aux modèles bressonniens. Aucune psychologie, aucune expression d’émotion qui viendrait parasiter le programme du film. Diabolik est un corps dont la fonction est d’abord de tourner en ridicule les institutions étatiques puis de s’en mettre plein les poches pour enfin coucher avec la ravissante potiche blonde qui se promène en mini-short du début à la fin du film. Fabuleux plan où les diaboliques tourtereaux font l’amour sur un matelas de billets de banque. Tout l’esprit du film, anarchiste, inventif et terriblement sexy, y est condensé.

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8 commentaires sur “Danger: Diabolik! (Mario Bava, 1968)

  1. J’avoue que ça ne me serait jamais venu à l’idée de rapprocher Bava et Bresson, mais je dois dire à ma décharge que je connais nettement mieux le premier que le second. Ceci dit, complètement d’accord avec cette note : pur plaisir. Et puis Marisa Mell… (soupir)

  2. il peut alors être pertinent de rappeler que Robert Bresson a professé son admiration pour James Bond, du pur cinéma selon lui. De mon côté, je déteste, je trouve qu’il n’y a pas assez de style pour compenser la nullité des histoires racontées. Tout le contraire de Danger: Diabolik!

  3. J’ignorais que Bresson fût bondophile. Cela me rappelle que Fellini aussi aimait ces films. Mastroianni disait que cela le détendait. C’est peut être une question d’époque, ceux des années 60 sont plutôt pas mal. Si Terence Young n’est pas Bava, il y avait quand même une conjonction de talents (Les décorateurs, le monteur Peter Hunt, John Barry, toutes ces belles actrices fort décoratives…) que je trouve séduisante. Après… Je ne comprends pas ce que l’on trouve à défendre dans les deux derniers films.

  4. Dire de Bresson qu’il n’a pas de style, c’est un peu court. Il a bien un style et, après, on peut aimer ou détester.
    Quant à cet opus de Bava, j’en ignorais l’existence, je vais combler ! C’est un cinéaste que j’adore !

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