Confidences pour confidences (Pascal Thomas, 1978)

Dans le Paris des années 50 et 60, chronique familiale centrée autour des trois soeurs, enfants, adolescentes puis jeunes adultes…

Un tel sujet, qui aurait pu entre d’autres mains donner lieu à un film banal, sert idéalement le génie de Pascal Thomas. Le génie de Pascal Thomas, c’est le génie de la justesse et du naturel. Justesse des observations, justesse du ton employé, naturel de la mise en scène. Confidences pour confidences est une parfaite comédie dramatique en ce sens que l’alternance entre l’humour et l’émotion apparaît fluide et naturelle. Devant ce film, le spectateur a l’impression de voir le déroulement de la vie même. Ce qui n’est évidemment pas le cas, cette impression naissant d’abord d’un travail d’écriture rigoureux et précis cosigné Jacques Lourcelles.

Les personnages principaux sont exceptionnellement vrais et attachants. Daniel Ceccaldi qui joue le père est magnifique de fragilité et de bonne volonté. Les nombreux personnages secondaires sont plus typés et alimentent le comique. Christian Pereira en ridicule « self-made man », Galabru en vieille ganache ou encore Bernard Menez en mari infidèle sont irrésistibles de drôlerie. Leurs scènes insufflent une fantaisie bienvenue à un ensemble qui frappe d’abord par son réalisme. Quiconque a eu la chance de voir Confidences pour confidences n’est pas près d’oublier « les trois positions du travailleur » expliquées par le stalinien Jacques Villeret.

D’abord unanimiste, la fiction se focalise au fur et à mesure sur la cadette des soeurs. On se rend alors compte que l’oeuvre n’a rien d’une célébration nostalgique consensuelle et béate et que  la tendresse de Pascal Thomas envers ses personnages n’empêche pas son profond scepticisme envers l’institution familiale de s’exprimer clairement. Ici, la famille s’avère inapte à cicatriser les blessures intimes. Les moments tristes, rares et terribles, sont mis en scène avec une pudeur et une délicatesse qui les rendent d’autant plus déchirants. Dernière chose: cette soeur cadette est interprétée, à l’âge adulte, par une actrice sublime et prématurément disparue qui illumine le film de sa grâce et qui s’appelait Anne Caudry. Elle avait choisi ce surnom car elle ne voulait pas abuser de la notoriété de son grand-père, un certain Georges Bernanos.

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